Vers des enquêtes publiques  par voie électronique !

Le 24 décembre 2018, le décret 2018-1217 issu de la nouvelle loi du 10 août 2018 pour un État au service d’une société de confiance, autorise l’expérimentation d’une enquête publique menée uniquement par voie électronique dans deux régions, les Hauts-de-France et la Bretagne.

On croit rêver au moment même où une grande partie de nos concitoyens manifeste ou se sent solidaire des demandes pondérées des gilets jaunes, à savoir plus de services de proximité, l’État propose en décembre 2018 de s’éloigner encore davantage des Français. On peut légitimement se demander si la haute fonction publique ne devrait pas être totalement rénovée et mutée massivement au contact des citoyens, tellement ce projet est ubuesque.

30 % de nos concitoyens n’ont pas d’accès direct à internet, 23 % ont moins de 18 ans et 26,2 % plus de 60 ans, cette dernière tranche de population est mal formée à l’électronique. Sans être grand clerc, on peut prédire que la participation aux enquêtes publiques va baisser. D’autant que les dossiers sont souvent complexes et que la disparition du commissaire enquêteur prive le public d’un médiateur bien utile.

Ainsi l’État se réfugie dans la technologie et l’abstraction croyant faire des économies.

Dans les analyses économiques, les apports positifs des contacts humains ou de l’environnement sur la longue durée ne sont jamais pris en compte. Deux exemples emblématiques pour l’économie, les coûts sociaux du bruit et de la qualité de l’air sont respectivement de 60 et 100 milliards d’euros par an. La mauvaise qualité de l’air tue 15 fois plus que la route. Économiser 160 milliards par an, voilà une perspective qui permettrait de mieux financer les services et les fonctionnaires, voilà un véritable défi politique pour l’État.

Michel Riottot

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