Menace pour la Caserne Sully

Un article récent dans La Lettre, N° 61 a fait part des menaces qui pèsent sur le Domaine national de Saint-Cloud. Cette politique de grignotage de la mairie de Saint-Cloud s’est poursuivie par la délibération du 30 mars 2012 du Conseil général des Hauts-de-Seine l’autorisant à signer avec l’État et la ville de Saint-Cloud un protocole d’accord relatif à la valorisation de la caserne Sully, bâtie entre 1825 et 1827 pour garder l’entrée du Domaine royal de Saint-Cloud. Ce protocole a été signé le 3 avril 2012 par la ministre du Budget, le président du Conseil général des Hauts-de-Seine, et le maire de Saint-Cloud.

65_p4-St-Cloud_fmt

Par ordonnance royale de janvier 1834, le roi Louis-Philippe autorisa le département de la Guerre à occuper la caserne, décret qui a été reconduit à plusieurs reprises, la dernière datant de 1936. De ce fait, la caserne Sully, située de part et d’autre de l’autoroute A13, bien que faisant partie du Domaine national de Saint-Cloud, n’a pas été totalement incorporée explicitement au Monument Historique géré depuis 1994 par le Ministère de la Culture. Le Carré, les écuries Malaquais et quelques autres bâtiments Charles X, près du centre-ville, sont classés Monuments Historiques. Le site concerné par ce protocole, de près de 2 ha, comporte 5 bâtiments dont 4 construits sous Charles X et un en 1940. Parmi ceux-ci, un bâtiment se distingue par sa taille, le bâtiment en L (voir photo) dont la façade principale fait face à la Seine.

Conclu pour une durée de 5 ans, le protocole « caserne Sully » prévoit : l’implantation des Archives départementales sur une partie du site, la réalisation d’un programme immobilier piloté par la ville sur l’autre partie, l’amélioration de l’accessibilité du site pour adapter celle-ci à ces nouvelles fonctions.

Bien que l’opportunité d’établir une ou plusieurs résidences étudiantes et « un espace dédié aux conférences et aux séminaires » ait été soulevée par la Ville de Saint-Cloud, les détails du programme immobilier n’ont pas été précisés, la ville n’ayant même pas été en mesure d’assurer que les bâtiments Charles X seront préservés. De même, la nature et le coût des aménagements des infrastructures environnantes qui accompagneraient le projet n’ont pas été spécifiés.

Le 29 mai 2012, treize associations dont Val de Seine Vert, regroupées au sein du Collectif Cœur de Seine, après avoir demandé le classement Monument historique de la caserne Sully, ont déposé des recours gracieux contre les délibérations du Conseil général et du Conseil municipal de Saint-Cloud, citant des irrégularités dans les procédures de marché public et le manque d’informations qui auraient permis aux conseilleurs généraux et municipaux de prendre une décision éclairée. Le rejet de ces recours gracieux a motivé le Collectif à formuler des recours contentieux devant le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise pour faire annuler le Protocole, puis le PLU voté le 5 juillet 2012. Car ce PLU doublant le COS du site de la caserne, permettrait sa destruction pour un programme immobilier de 40 000 m2 ! Bouygues a déjà répondu à l’appel d’offres en 2011.

John Rose et Gilles Charlot

Position de Val de Seine Vert

Le domaine national de Saint-Cloud fait partie de notre patrimoine historique et culturel, et est un des rares grands espaces verts près de la capitale. Toute proposition d’aménagement du domaine doit être présentée aux citoyens de manière transparente et conforme à la réglementation, ce qui n’a pas été le cas en ce qui concerne la proposition de valorisation du site de la caserne Sully.

L’association Val de Seine Vert soutient fermement les actions du Collectif Cœur de Seine visant à annuler le protocole « caserne Sully », et incite le public à répondre favorablement à l’appel à contribution qui sera lancé sous peu par le Collectif pour aider à financer cette campagne cruciale.

FacebookTwitterGoogle+Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


× 3 = douze