L’économie circulaire ou l’avenir du Développement durable

Dans le monde de l’économie  circulaire, les déchets sont des ressources : les produits usagés sont réintroduits dans le cycle de distribution et d’utilisation autant de fois que cela est possible. En s’inspirant des fonctionnements cycliques des écosystèmes il est possible de réduire à la fois la consommation des matières premières et la production de déchets.

Notre système d’économie linéaire peut se résumer à « extraire, fabriquer, consommer, jeter ». Il n’est pas durable ! Il est basé sur une consommation exponentielle des ressources naturelles au coût faible ou nul et sur l’hypothèse que ces ressources sont inépuisables. Ce système linéaire achoppe sur le problème des déchets et de leur traitement qui constitue la suite inéluctable de la consommation des ressources.

Or, depuis au moins 1972 et la parution du fameux rapport Meadows : “les limites de la croissance” on sait que « si les tendances actuelles de la croissance de la population, de l’industrialisation, de la pollution, de la production agricole et de la consommation des ressources restent inchangées, les limites de la croissance de cette planète seront atteintes quelque part dans la prochaine centaine d’années à venir».

Trois types de démarche

En réalité le temps des ressources abondantes et bon marché est révolu et la transition vers un nouveau modèle de développement économique est nécessaire surtout si la population mondiale croît selon les estimations actuelles, de 43% entre 2012 et 2020.

L’économie circulaire est un concept transversal et peut se décliner en trois grands types de démarches :

  • les démarches centrées sur le produit, le service ou l’équipement : il s’agit de l’éco conception ou encore de l’économie de fonctionnalité (qui vend des services liés aux produits plutôt que les produits eux-mêmes) ;
  • celles centrées sur la filière déchets c’est-à-dire tout ce qui concerne le recyclage, la valorisation et la re-fabrication
  • les démarches d’écologie industrielle et territoriale dans le cadre desquelles les déchets de certaines industries sont les ressources des autres.

Ces démarches, outre leur caractère environnemental vertueux, sont sources de valeur économique et sociétale du fait des économies de matières premières réalisées, de la relocalisation de la consommation et du travail dans les territoires, ainsi que du développement de nouvelles filières dédiées à la réparation ou au recyclage. Ce n’est pas un hasard si l’un des acteurs les plus importants de la filière recyclage et refabrication d’appareils ménagers est aussi une association de réinsertion, reconnue en matière d’économie sociale et solidaire (VitamineT/Envie).

L’économie circulaire a acquis une véritable légitimité politique à compter notamment  de la conférence environnementale de 2013. Elle fait partie des quatre piliers de la future loi sur la transition énergétique.

Un champ à investir
Nombre d’acteurs économiques sont déjà engagés sur la voie de l’économie circulaire : la région Rhône Alpes a, par exemple, une politique très volontariste en matière d’écologie industrielle. La fondation britannique Helen Mc Arthur, l’association OREE et la Fondation pour l’économie circulaire participent de la démocratisation du concept en France. Enfin, les entreprises, de plus en plus s’en saisissent comme d’un nouveau modèle industriel de retour à la croissance, créateur d’emplois.

La législation européenne et française reste quant à elle très fragmentaire et l’économie circulaire, malgré une importante réglementation de la filière déchets et les quelques timides dispositions de la loi « Hamon » du 18 mars 2014  sur l’obsolescence programmée, reste un champ réglementaire à investir. Il faut savoir que  des pays comme la Chine, le Japon, les Pays Bas ou l’Allemagne ont déjà promulgué des lois cadres de mise en œuvre de l’économie circulaire.

Odile Joyeux

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