Le R4, c’est fini !?

Le projet de lieu culturel polyvalent R4 sur l’île Seguin a suscité beaucoup de passions et de débats. Finalement, en tant que tel, il ne verra pas le jour.

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Les ennuis judiciaires du principal bailleur de fonds du projet « R4 », l’homme d’affaires et marchand d’art Yves Bouvier, l’ont contraint à arrêter définitivement toute participation financière. Et les multiples efforts de la directrice, Nelly Wenger, pour trouver un nouvel investisseur susceptible de le remplacer se sont révélés infructueux.
En désespoir de cause et afin d’assurer, selon les termes d’un communiqué de presse « la poursuite du projet R4 et sa pérennité dans le temps », l’ensemble des titres de la SCI R4 a été vendu, en septembre dernier, au groupe de promotion immobilière Emerige, présidé par Laurent Dumas, et à son partenaire suisse, le groupe d’investissement privé AOG, dirigé par le milliardaire Jean-Claude Gandur.
Néanmoins, ladite continuité peut sembler illusoire. Tout d’abord, l’une des premières mesures des nouveaux responsables est d’annoncer qu’un nouveau permis de construire sera déposé d’ici la fin de l’année 2016, modifiant ainsi l’aspect architectural du R4. Alors, sans préjuger de leurs caractéristiques, il est certain que les espaces et les volumes vont changer. Ce qui conduit à se poser différentes questions : combien de mètres carrés seront alors dévolus à la culture, aux artistes et aux habitants et quelles seront les synergies avec le reste des constructions à venir de l’île ? Et aussi que devient la mission de l’architecte Jean Nouvel ? Ensuite, là encore sans faire de procès d’intention, le profil des nouveaux propriétaires laisse à penser qu’ils ne seront pas des opérateurs permanents du site malgré leur fondation culturelle respective. À terme, ils pourraient déléguer à d’autres ; contrairement à leur prédécesseur, la culture n’est pas leur cœur de métier.
Par-delà ces différents constats, d’autres interrogations surgissent. L’approche très participative, à la « suisse » comme diraient certains, de Mme Wenger sera-t-elle toujours d’actualité ? La mémoire ouvrière du site aura-t-elle toujours une place ? Enfin, toute naïveté gardée, les élus de Boulogne-Billancourt, voire d’Issy-
les-Moulineaux, céderont-ils à tous les desiderata des nouveaux propriétaires ?
Il appartient à chacun d’entre nous d’être attentif et vigilant pour que la culture, accessible à tous, ait une réelle place sur l’île Seguin.
Alain Mathioudakis

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