Une victoire trop tardive contre la destruction de zones forestières

Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé l’arrêté d’utilité publique du projet de construction de la ligne de tramway T10. Cette ligne, qui doit relier Clamart à Châtenay-Malabry est en cours de construction depuis plus d’un an et demi.Val de Seine vert a activement contribué au recours gagné par les associations.

Le tracé du futur tramway est prévu sur des zones forestières comme la forêt de Meudon et le bois de Verrières. Il conduit à l’abattage de nombreux arbres.

La ligne 10 du tramway devait entrer en service en 2023.

Les porteurs de ce projet ont immédiatement contesté la décision juridique, le ministre des transports appelant de ses vœux, l’impossibilité pour les associations de défense de l’environnement, de contester les « grands travaux ».

Pour l’instant, il semble que les travaux ne soient pas interrompus.

Le tramway T10 était inscrit au Schéma Directeur Régional d’Ile de France de 1994 pour former avec le T6 (mis en service en 2014) la « Croix du Sud ». Il s’agissait de desservir le sud-ouest de la première couronne d’Ile de France en deux branches, Châtillon-Montrouge à Viroflay (le T6) et Issy-les-Moulineaux à Antony (le futur T10), se croisant au sud de Clamart au niveau de l’hôpital Béclère. La concertation menée par le conseil départemental et l’agence régionale des transports (le Syndicat des Transports d’Ile de France devenu Ile de France Mobilités, IDFM) a tourné court : les partis d’aménagement retenus ont provoqué une levée de boucliers des associations de défense des transports publics et de l’environnement. Néanmoins le projet à 350 M€ choisi par le département, accepté par IDFM et validé par la DUP du Préfet des Hauts – de- Seine, a été lancé en l’état. Nos observations déposées lors de l’enquête publique et les recours gracieux d’une dizaine d’associations ont été intégralement ignorées. Une requête en annulation, a alors été déposée au Tribunal Administratif. Les infrastructures du T10 portent de graves atteintes aux forêts protégées du département et à la lisière du parc de Sceaux sans justifications convaincantes et avec des compensations locales dérisoires. Le projet retenu, amputé de sa moitié la plus proche de Paris et doté de correspondances peu fonctionnelles, fait moins bien qu’un simple bus de plus. En conséquence, le Tribunal Administratif, bien que tardivement, a annulé la DUP en son entier, en nous donnant raison sur tous les points, y compris sur l’absence d’utilité publique du projet. L’effet de l’annulation est rétroactif : les chantiers en cours ont perdu leur autorisation et devraient être arrêtés.

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