Une solution nouvelle à la vacance des bureaux ?

Dans l’agglomération GPSO comme dans le reste de l’Île-de-France, les mètres carrés de bureaux vides se comptent par centaines de milliers. L’association Plateau Urbain œuvre pour en faire des locations éphémères destinées aux artistes ou start-ups.

Démolis il y a un an et demi, les bureaux de L’Équipe sont restés vides pendant cinq ans.

Démolis il y a un an et demi, les bureaux de L’Équipe sont restés vides pendant cinq ans.

À Issy-les-Moulineaux, l’ancien immeuble de L’Équipe n’est plus. Il a été démoli au profit de constructions plus modernes du promoteur Sefri Cime. Comme lui, les autres immeubles du Pont d’Issy sont vides depuis plusieurs années. En cause, selon la mairie, des normes obsolètes qui les rendent impossibles à louer.
C’est d’abord sur ce constat que se fonde la démarche de l’association qui a choisi, justement, de s’appeler Plateau Urbain. « À la base, l’analyse est immobilière, explique son président Jean-Baptiste Roussat. La vacance des bureaux franciliens est structurelle : avec l’ampleur des constructions de bureaux HQE, qu’adviendra-t-il des bureaux vieillissants des années 1990-2000 ? » Dans le même temps, le prix du foncier élevé dans la région pose problème au développement des jeunes entreprises, qui n’en ont pas toujours les moyens.
L’airbnb de la location de bureaux
Le principe de Plateau urbain : le propriétaire adhère à l’association en versant une cotisation de 10 000 euros. Les biens qu’il souhaite louer sont publiés sur la plateforme de l’association, qui les met en relation avec des candidats sélectionnés par elle, les « porteurs de projet ». Créé en 2013, le service n’est pas clé en main, il nécessite l’implication des candidats pendant le processus. « Il existe plusieurs modes d’occupation, précise Jean-Baptiste Roussat. Vu que c’est du temporaire, on est obligé de faire du sur-mesure ».
Un de ces projets a pris une ampleur considérable. Installé dans les anciens locaux de l’hôpital parisien Saint-Vincent de Paul, où la construction d’un écoquartier de 60 000 m2 doit commencer d’ici la fin 2017, « Grands Voisins » accueille à ce jour 180 structures (entreprises, associations, artistes, événementiel) et une centaine de personnes en hébergement d’urgence via l’association Aurore.
Des projets en préparation dans les Hauts-de-Seine
Si le modèle économique de cet urbanisme éphémère est viable, il reste néanmoins un enjeu à traiter : la fermeture d’un site, logiquement indissociable du concept, qui jusqu’ici n’a pas encore été entreprise. Dans cette optique, Plateau Urbain envisage de mener des « ateliers de formation immobilière » destinés à préparer les « porteurs de projet » à trouver leur place dans le marché.
À ce jour, sept salariés à temps plein travaillent pour Plateau Urbain, qui compte se transformer en coopérative. Bien que ses responsables affirment n’avoir pas d’informations précises à annoncer, plusieurs projets verront prochainement le jour dans les Hauts-de-Seine : lors de son conseil municipal du 12 décembre 2016, la ville de Nanterre a décidé d’adhérer.
Serge Brière

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