Tri ou pas ?

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«Il convient de rappeler qu’un incinérateur, même avec valorisation énergétique, doit être alimenté en quantités constantes de déchets, entrant ainsi en concurrence directe avec la prévention des déchets et la valorisation matière. » (extrait d’un document publié par FNE).

Le PRGD, le nouveau Plan régional de prévention et gestion des déchets de la Région Île-de-France, est lancé avec une concertation ouverte depuis plus d’un an. Il regroupe toutes les catégories de déchets y compris ceux du bâtiment. Il succède au PREDMA et d’autres avant, qui tous affichaient des objectifs de réduction avec des taux de collectes sélectives, mais hélas jamais atteints ! Les mises en décharge d’ordures ménagères brutes et d’encombrants, de déchets du bâtiment plus ou moins inertes se poursuivent dans l’Est de l’Île de France et ailleurs.

Des groupes de travail auxquels participent les associations se réunissent autour d’animateurs experts afin de produire, pour les différentes catégories de déchets, des objectifs chiffrés à horizon 2025, 2030. Autour des tables, pour la première fois, des opérateurs thermiciens, représentants de groupes industriels spécialisés dans l’incinération et l’énergie, qui sont forcément intéressés par le pouvoir calorifique et la préparation de ces matières combustibles, source d’énergie inépuisable selon eux…

D’après TIRU, qui exploite l’usine Isséane d’Issy, « La source de combustibles reste abondante : chaque Français produit environ 1 kg de déchets ménagers par jour, soit 60 000 tonnes par jour en France, dont la moitié ne serait pas recyclable ». Si on comprend bien, l’autre moitié le serait ?…

Or, les taux de collectes sélectives stagnent et les refus de tri ont bon dos pour finir dans les fours. L’enjeu obligé est la cogénération, c’est-à-dire de fournir de l’électricité et de la vapeur pour le chauffage urbain. Une demande qui se renforce et devient pressante. Les emballages recyclables mais non recyclés offrent une valeur calorifique facile pour répondre à ces besoins. Ils sont une source d’énergie fort convoitée pour alimenter les fours des usines.

Par ailleurs, l’accent sera mis sur la partie organique et putrescible de nos poubelles, favorable à la méthanisation, pour extraire du biogaz et du compost.

Quelle sera la part de la réduction en amont, et celle des collectes sélectives avec les différents tris matières pour le recyclage par rapport aux besoins d’énergie ? En dépit de ce dilemme, soumis in fine au vote des élus régionaux, la tarification incitative devra se donner les moyens d’être appliquée, formule plus juste calculée au poids de déchets produits, plutôt favorable aux producteurs de bons gestes de tri comme le voudraient l’Ademe et les écolos, un bon moyen pour réduire ces montagnes.

Gil Leparmentier

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