Quel futur pour le centre-ville de Sèvres ?

La mission de l’agence CoBe (architecte-urbaniste) pour la requalification du centre-ville de Sèvres s’est achevée fin novembre 2017 avec une réunion publique où elle a présenté ses derniers scénarios urbains, issus d’une démarche de concertation de plus d’un an.

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Le travail des architectes-urbanistes est plutôt une réussite. L’exposé fut mené avec clarté par l’équipe. Les différents scénarii proposés tout au long de cette mission se sont modifiés, ont évolué, pour finir sur un dernier projet avec la création d’une place, la valorisation du marché, l’implantation d’une brasserie et d’un square de quartier.

Que faut-il en retenir ?

Le dernier projet qui veut développer une qualité de vie et renforcer la convivialité du centre-ville afin qu’il devienne une polarité majeure de Sèvres ? Ou bien les nombreuses inconnues liées à la faisabilité technique, administrative et financière d’un tel projet ?

Car plusieurs questions de faisabilité restent à approfondir :

• Quelles sont les attentes et besoins des services de police (dépendant du ministère de l’Intérieur), et leur souhait de laisser le commissariat sur l’emplacement actuel, ou le déménager sur Chaville ? Si le ministère de l’Intérieur refuse de déplacer le commissariat, une bonne partie du dernier scénario de CoBe devient caduque.

• De même, le débat autour de la forme urbaine s’est focalisé sur la démolition ou non d’un plot de quatre logements privés et d’un commerce. Les habitants concernés, non informés sont désemparés de devenir un enjeu urbain, car une partie du scénario final détruit leurs logements. Pour la Mairie cela semble couler de source. Il faudra vérifier la volonté de coopérer des propriétaires des murs, et du prix qu’ils en demanderaient. Le sort des salariés du commerce ne fut évidemment pas évoqué…

• Pour le marché actuel, le démolir conduit à réinstaller la moitié des commerçants dans un nouveau lieu, et l’autre moitié en plein air. L’adhésion des commerçants au projet est-elle actée ?

• Le sujet de la station-service BP a suscité des oppositions et des confrontations. Les arguments opposés aux défenseurs d’une station-service portèrent moins sur la forme et la fonction urbaine que sur les évolutions prévisibles de l’automobile. Là aussi le sort des trois salariés de la station ne fut évidemment pas évoqué…

• Et enfin tout cela à un coût… Le maire évoque une ressource tirée de la vente des parts de la SEMI au bailleur social I3F (signature effectuée le 12/01/2018), pour un montant de 34 millions d’euros, qui par un heureux hasard est proche des estimations avancées pour le projet du centre-ville. Ce rapprochement habile a paru satisfaire la salle. Mais les différences entre dépenses de fonctionnement et d’investissement dans un budget municipal ne sont pas des choses aisées à faire comprendre…

Les Sévriens réclament un projet vivant, concerté et tourné vers l’avenir. Au vu de la composition de l’auditoire des différentes réunions publiques, il va falloir suggérer à la Mairie d’organiser aussi des ateliers tournés vers les jeunes, qui étaient quasi absents de toutes les réunions publiques… C’est pourtant bien à eux que le projet s’adresse en premier !

Antoine Monnet

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