Sauvons les arbres !

L’annonce de l’abattage imminent d’un groupe de 66 arbres aux abords du Pont de Sèvres mobilise les associations. Rien n’est encore gagné.

La construction du nouveau Pont de Sèvres dans les années 60 avait amené les ingénieurs de l’époque à aller tout droit vers Versailles et à défoncer sans autre regret le centre ancien de Sèvres au profit d’une deux fois deux voies triomphante, l’ancienne nationale 10, aujourd’hui RD910. Leur esprit ne s’est malheureusement pas perdu.

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« L’ensemble des travaux fait disparaître 66 arbres de hautes tiges,
véritables îlots de fraîcheur pour ce secteur très minéralisé, un enjeu écologique majeur. 
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État des lieux

L’entrée de Sèvres avait, malgré tout, été préservée même si le quartier Sèvres-Manufacture avait subi à la fin des années 80 une rénovation du type « petit Bucarest ». D’un côté, des immeubles d’habitation, quelques commerces et des trottoirs d’une belle largeur. De l’autre, un minuscule trottoir longeant le mur ancien de la Manufacture de Céramique, rendu aujourd’hui impraticable par des plantations. Les maires de Sèvres pensaient qu’un mur ancien est une honte et qu’il fallait faire quelque chose de neuf. Ils ont donc décidé, sous l’égide du conseil départemental, de substituer à la fine bande de trottoir donnant sur la rue une « promenade » encadrée par des grilles. Elle partirait du jardin de la direction de la Cité de la Céramique pour aller jusqu’à la Porte du parc de Saint Cloud, à quelques à 250 mètres de là.

Le projet destructeur

Ce couloir paysager, entraînant la destruction du mur, serait dévolu à la circulation piétonne et cycliste. Curieusement le sol prévu est fait de pavés ! Une rampe droite, avec une pente de 4 % adaptée aux personnes à mobilité réduite, devrait permettre de rejoindre directement le Parc de Saint Cloud depuis le Pont de Sèvres.

Cet aménagement amène l’engloutissement des arbres de haute tige. L’ensemble des travaux fait disparaître 66 arbres de hautes tiges, véritables îlots de fraîcheur pour ce secteur très minéralisé, un enjeu écologique majeur. Val de Seine vert s’est mobilisée avec Environnement 92, A.R.B.R.E.S et la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France pour faire stopper l’abattage imminent des arbres et proposer un projet plus respectueux du site. Notre action a provisoirement sauvé les arbres, mais n’a pas désarmé le préfet qui, suite à notre courrier de protestation, s’est contenté de répondre que passé la période de nidification, les arbres seraient coupés. La mairie de Sèvres a mesuré l’émotion des Sévriens et des riverains, plusieurs milliers de signatures sur une pétition en ligne, et a entamé une concertation avec les associations.

Frédéric Puzin

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