Prévenir le bruit dans l’environnement

Dix-sept ans après la directive européenne sur la réduction du bruit, la Métropole du Grand Paris s’attaque à cette question sensible. Le plan de prévention du bruit dans l’environnement (PPBE) est en consultation publique jusqu’au premier décembre 2019.

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Ce plan de réduction du bruit et de ses effets sur la santé est le premier du genre pour la Métropole du Grand Paris (MGP). Elle va tenter de combler le retard considérable accumulé par les 131 communes qui la composent puisque la directive européenne sur la réduction du bruit date du 25 juin 2002. L’État a confié à la MGP cette lourde tâche en 2017.

La pollution sonore et ses effets

Ce sont les sons émis principalement par les transports routiers, ferrés et aériens dans les espaces extérieurs qui sont en cause. Les bruits générés par les activités économiques, les chantiers et surtout les bruits de voisinage n’ont pas été pris en compte. La vibration de l’air ou pression sonore se mesure en décibel avec un sonomètre. Un bruit est un son qui provoque une gêne chez l’individu qui le perçoit. Il y a deux types de perception des sons, une mesure objective avec un appareil et une sensation sonore qui dépend de la capacité de chaque individu à capter et interpréter les sons. Pour compliquer le tout, les autorités internationales ont choisi un indice de bruit appelé Lden qui permet de moyenner les niveaux de bruits sur 24 heures, les seuils actuels à ne pas dépasser sont de 68 dB(A) pour les bruits routiers, 73 dB(A) pour le ferré et 55 dB(A) pour l’aérien.

Le diagnostic du PPBE

Le Plan s’est appuyé sur les travaux de Bruitparif qui a diagnostiqué les bruits dans les 131 communes de la MGP. Ce diagnostic a mis en évidence les zones les plus touchées, comme les grands axes de trafic pour le bruit routier, le long des voies ferrées ou la proximité des aéroports pour les bruits ferré et aérien. 900 000 habitants vivent dans des zones où le bruit routier dépasse la norme, 300 000 touchés par le bruit ferré et 100 000 par l’aérien, soit 18 % de la population de la MGP. Mais ces chiffres explosent si l’on retient les dernières préconisations de l’OMS qui abaissent fortement les limites admissibles pour les bruits routiers à 53 dB(A), 54 dB(A) pour le ferré et 45 dB(A) pour l’aérien. On rappelle que cet indice est un logarithme et qu’une baisse de 3 points conduit à une division par 10 de la pression acoustique. Dans ce cas, plus de 80 % de la population seraient touchés selon Bruitparif.

Le plan décrit huit secteurs multi-exposés aux trois types de bruits des transports. Parmi ceux-ci, le secteur 6, concernant Clamart, Issy-les-Moulineaux, Malakoff, Paris 14e et 15e, Vanves, nous intéresse directement. Il définit aussi des secteurs affectés particulièrement par le bruit routier, notamment le secteur C qui concerne GPSO, le territoire de la MGP le plus impacté par le bruit routier. Enfin, n’étant pas gestionnaires de voiries, ni de grands réseaux de transport, la MGP va agir en soutenant les différentes collectivités et réseaux de transport pour développer les mobilités douces, décarbonées, le report modal, la réduction de la place de la voiture et un soutien fort à la mise en place de la Zone de faible émission. La maille C, c’est-à-dire GPSO, fait partie des priorités pour le bruit routier.

Au total, le PPBE donne une excellente image des enjeux du bruit dans la MGP et propose des solutions très innovantes mais pêche un peu par une approche financière trop imprécise pour que l’on soit assuré que toutes les mesures pourront être mises en place.

Michel Riottot

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