Mauvais coup au parc des Glacières à Billancourt

58.2 Parc des Glacières-Billancourt_fmtCe parc public, très fréquenté, risque d’être en partie sacrifié sur l’autel de la privatisation, au bénéfice du TCBB, le Tennis Club de Boulogne-Billancourt.

Le parc des Glacières est l’unique espace vert conséquent du quartier Billancourt. Sa « zone de chalandise » s’étend du boulevard de la République à l’avenue du général Leclerc ainsi qu’au quartier du Pont-de-Sèvres. Il concerne de très nombreux riverains, notamment :
• des personnes âgées qui s’y promènent avec ou sans chiens et profitent de l’ambiance conviviale,
• des familles modestes qui n’ont pas la possibilité d’utiliser un véhicule pour aller dans les bois environnants,
• les utilisateurs des équipements sportifs en accès libre (4 tennis, 2 buts de foot, 2 panneaux de basket),
• les enfants qui courent dans le parc et fréquentent le petit square,
• des jeunes qui apprécient le fait que le parc est un des derniers endroits ouverts de la ville.
Le parc des Glacières revêt donc une véritable utilité sociale et environnementale.
Or le conseil municipal a décidé le 7 octobre 2010 de modifier le PLU pour pouvoir changer la destination de ce parc en réduisant l’espace planté et les équipements sportifs qui s’y trouvent :
• le petit terrain de sport qui sert notamment à l’éducation sportive pour le collège voisin de même qu’à des parties de foot libres que certaines équipes fréquentent depuis plus de 10 ans.
• les quatre courts de tennis gratuits ouverts à tous dont la fréquentation spontanée est tout à fait exemplaire en région parisienne pour ce genre d’équipement de qualité.
L’argumentation de la municipalité se base sur la nécessité de libérer l’espace occupé par le TCBB, quai Le Gallo, pour agrandir les équipements dédiés au football. Personne ne conteste cette extension justifiée de la section foot de l’ACBB mais la réinstallation du TCBB était prévue sur le Trapèze des terrains Renault. Et le rachat des dits terrains par la Ville également. La municipalité a maintenant des soucis d’argent et, de ce fait, se rabat sur le parc des Glacières pour y installer le TCBB au détriment des populations du quartier Billancourt !
Nous ne pouvons pas laisser détourner un des seuls espaces verts et ouverts de Boulogne-Billancourt au profit d’un usage quasi-privé réservé aux seuls membres du TCBB. Cela correspond de fait à une privatisation de l’espace public et à une réduction des espaces verts urbains contraire aux engagements pris par la municipalité.
Heureusement les usagers du parc, les riverains ainsi que des associations locales se mobilisent ; des pétitions circulent et la municipalité entend chaque jour des critiques plus nombreuses et plus fortes contre ce mauvais coup qu’elle projette !

Mauvais coup sur la forme aussi

Dans cette affaire, il semble que la Ville ait également mis la charrue avant les boeufs : elle a proposé de lancer le concours de maîtrise d’oeuvre en même temps qu’elle soumettait au conseil municipal la délibération sur la nécessaire révision simplifiée du PLU. C’était faire fi de la concertation associée par la loi à un tel projet. Val de Seine Vert s’en est ému dans un courrier adressé au maire le 9 décembre dernier, dont voici un bref extrait :
« […] L’exposé de cette délibération indique clairement que cette révision simplifiée du plan local d’urbanisme porte sur “le pôle sportif du parc des Glacières” qui “pourrait donc accueillir le nouvel équipement nécessaire, qui verrait une augmentation du nombre de courts existants au stade Le Gallo […] et de leurs conditions de pratique […].”
Mais lors de ce même conseil municipal, vous avez fait adopter une délibération portant sur le lancement d’un concours de maîtrise d’oeuvre (délibération n° 18 de l’ordre du jour) concernant l’aménagement de ce même parc des Glacières.
Donc, sans attendre le résultat de la concertation, vous avez lancé par l’adoption de cette résolution le début du processus de mise en oeuvre concrète de la révision du plan local d’urbanisme.
Cette décision contrevient à l’esprit de la loi, c’est pourquoi nous vous demandons de la retirer. […] »

Rémi Lescoeur

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