L’urbanisme de tours et les folies altoséquanaises

61.6b photo apre╠Çs 2_fmtLes projets de tours sur l’île Seguin et dans tout le département se sont invités dans les discussions lors de notre fête des « Guinguettes en goguette » au port de Sèvres le 15 octobre dernier. André Gattolin, nouveau sénateur EELV des Hauts-de-Seine, a fait référence au point de vue de l’architecte Michel Cantal-Dupart.

Ce point de vue a notamment été recueilli par André Gattolin lors d’un entretien (à consulter sur http://andregattolin.net/spip.php?article23). Michel Cantal-Dupart, architecte urbaniste, professeur au CNAM,  participe actuellement à un atelier créé dans le cadre du Grand Paris.

M. C-D regroupe la plupart de ses critiques sur les tours autour de la nécessité de donner un sens à de tels choix architecturaux et urbanistiques : la prouesse technique d’une tour qui engendre forcément un surcoût pour la même surface dans des immeubles de faible hauteur ne se justifie que par des exigences de monumentalité.

Tours et densification

Pour M. C-D, le besoin de densification souvent invoqué pour justifier la construction de tours est déraisonnable. Une tour est au contraire prédatrice de densité puisqu’elle vide sa périphérie ; par comparaison la ville haussmannienne est la plus dense au monde, avec ses 300 habitants à l’hectare. Le modèle des tours, c’est de l’anti-ville : ni convivial pour les usagers, ni écologique en termes de déplacements.

Si l’immobilier de bureaux représente une ressource financière à court terme pour les collectivités, c’est aux dépens de l’immobilier d’habitation et du logement social qui pourtant fait cruellement défaut.

Les tours de l’île Seguin : un défi à la tour Eiffel ?

M. C-D critique en particulier le projet proposé pour l’île Seguin par le maire de Boulogne-Billancourt, dont il dit que c’est « un défi à la tour Eiffel ». « Il peut toujours rêver, ce ne sera jamais le cas ! », rétorque l’urbaniste. Ce dernier souligne aussi le problème persistant de pollution de l’île, auquel on peut ajouter celui de l’inondabilité, problèmes qui n’ont pas été pris en compte de manière réglementaire dans tous les projets proposés pour l’île depuis 2000.

John Rose

Pour en savoir plus sur le considérable impact écologique des tours voir l’article « Les tours sont-elles une solution d’avenir ? » dans La Lettre de Val de Seine Vert, N° 51 (www.valdeseinevert.net/IMG/pdf/LettreVSV51.pdf).

61.6a photo avant 2_fmtLes projets de l’île Seguin : une anomalie

Jean-Marie Blin, président de l’association de défense de l’environnement de Ville-d’Avray (Adevam) publie dans le premier numéro de « 92 Environnement » un article dont nous vous proposons l’extrait qui suit. Nous saluons au passage la naissance de cette nouvelle publication.

«Quatre décisions très importantes viennent un peu plus fragiliser les projets de construction massifs sur l’île Seguin votés par le Conseil municipal de Boulogne fin juin au cours d’une séance particulièrement houleuse.

• La décision du maire de Levallois-Perret de renoncer à la construction de deux tours de grande hauteur dans sa ville face à la mobilisation des habitants.

• La décision du tribunal de Nanterre d’interdire la démolition du quartier des damiers à la Défense sans laquelle les deux tours HERMITAGE de 320 mètres de hauteur ne peuvent plus être construites.

• La décision du maire de Courbevoie de rompre les négociations avec le promoteur de la tour PHARE, dernier projet emblématique du quartier de la Défense.

• Enfin, le Conseil général des Hauts-de-Seine se montre de plus en plus réticent à engager les financements prévus sur l’île et vient d’empêcher la ville de Boulogne de construire l’une des cinq tours que le plan de l’architecte Jean Nouvel a prévues sur l’île, au moment même ou le maire d’Issy-les-Moulineaux annonce la construction de trois tours de 200 mètres de hauteur dans sa ville hyper-densifiée.

Tout ceci nous porte plus que jamais à agir (…) »

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