L’hippodrome de Saint-Cloud dans le collimateur

Construire 6 000 logements à la place de l’hippodrome de Saint-Cloud, tel est le projet présenté en mars par l’État.

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Le gouvernement a présenté, début mars, une liste de sites sur lesquels pourraient être réalisées vingt opérations d’intérêt national (OIN) qui doivent permettre d’implanter un million de logements dans la métropole du Grand Paris d’ici 2030. Six OIN sont listées dans les Hauts-de-Seine. L’une d’elles cible l’hippodrome de Saint-Cloud et projette d’y construire 6 000 logements.
Levée de bouclier
« Un espace vert majeur peu utilisé » résume la fiche consacrée à l’hippodrome. Il est vrai qu’avec, en gros, une course tous les 15 jours on arrive tout juste à 28 jours d’utilisation par an ! Par ailleurs certains se demandent s’il s’agit encore d’un espace naturel compte tenu des tonnes de produits phytosanitaires qui y ont été déversées. Sans parler des énormes quantités d’eau nécessaires pour garantir que le gazon soit toujours vert…
La réaction a pourtant été immédiate : Éric Berdoati, maire de Saint-
Cloud, a lancé une pétition sur Internet et, avec les maires des communes voisines, a organisé une conférence de presse dès le 14 mars. L’association pour la sauvegarde des espaces verts et de l’environnement (Aseve) a amplifié le mouvement et, en un mois, 15 000 signatures d’opposants au projet ont été réunies.
L’hippodrome de Saint-Cloud a été classé en 1998 et fait partie du Parc naturel urbain qui regroupe, depuis 2007, Garches, Rueil, Saint-Cloud et Vaucresson. Autre « détail », il est la propriété de l’association France-Galop qui, comme les élus et les citoyens, à aucun moment n’a été consultée.
Un problème de méthode
C’est bien là que le bât blesse. Tout laisse à penser à une démarche purement technocratique : il y a sur la carte un espace non bâti… j’y colle 15 000 à 18 000 nouveaux habitants, une ville dans la ville, et j’attends de voir si ça passe…
Ce n’est pas de cette façon qu’il faut traiter le problème, bien réel, du manque de logements sociaux. Nous avons également besoin de pouvoir respirer et l’hippodrome contribue à notre qualité de vie. Bien sûr il faut le renaturer et l’ouvrir au public mais ce n’est pas là qu’il faut construire.
Il faut reconstruire la ville sur la ville sans chercher à égaler la densité parisienne et en préservant la trame verte. Il faut ensuite remettre sur le marché les milliers de logements vides que l’on trouve dans nos villes. Enfin, il faut penser aménagement du territoire et se demander s’il est judicieux de concentrer toute la richesse en Ile-de-France au détriment des autres régions françaises.
Nous saurons en septembre prochain quels sont les sites définitivement retenus.
Luc Blanchard

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