Île Seguin, l’île aux trésors

Suite aux enquêtes publiques les promoteurs vont devoir revoir leur copie, une vraie refonte du projet est nécessaire.

p6_seguin4_optUne ville pauvre en espaces verts de qualité bétonne un des seuls sites qui aurait permis de mieux aérer le secteur.

Cet été ont eu lieu trois enquêtes publiques pour que les citoyens de Boulogne-Billancourt, de Meudon et des communes voisines donnent leur avis sur 2 projets immobiliers, l’un sur la partie est du trapèze Renault (îlot D5) et l’autre sur la partie centrale de l’île Seguin, ce dernier appelant une troisième enquête loi sur l’eau. Le projet sur l’île Seguin porté par un consortium immobilier (Hines, Icade, Vinci) comprend 123 500 m2 d’immeubles de bureaux, 6 500 m2 de commerces, 15 000 m2 d’espaces verts en bords de Seine coté Meudon et un parking souterrain à double étage de 700 places plus un parking vélos. Les six immeubles, trois côté Boulogne et trois côté Meudon, séparés par une rue centrale, seront pour le premier une tour moyenne de 60 m de haut (face à la Seine Musicale) et pour les autres des tours d’environ 40 m de haut.

L’enquête publique comportait 400 dossiers, des milliers de pages indigestes et peu compréhensibles pour le citoyen moyen et ce en plein été. Elle a été prolongée de 15 jours, et malgré ces difficultés, 465 avis ont été déposés : 128 favorables, venant pour 50 % de Boulonnais, pour 2 % seulement de Meudonnais et Sévriens, 292 défavorables et 45 sans avis formels mais demandant des améliorations.

Les associations effarées

Le commissaire enquêteur a donné un avis favorable, mais a bien analysé les avis défavorables. Il a fait 4 recommandations et surtout 2 réserves concernant la consommation thermique des bâtiments, en demandant qu’elle se rapproche des bâtiments à énergie positive de la réglementation thermique 2020, et une augmentation de la végétalisation des bâtiments afin de mieux lutter contre les îlots de chaleur. Les réserves doivent être levées sinon l’avis sera réputé défavorable.

Val de Seine Vert et les associations riveraines sont effarées que l’on puisse encore construire 200 000 m2 de bureaux à Boulogne, si on ajoute ceux de l’îlot D5, alors que la crise sanitaire montre que le télétravail s’institutionnalise. Outre cette poule aux œufs d’or que représentent financièrement les bureaux, le profil des bâtiments sera de 20 à 40 mètres plus élevé que l’ancienne usine Renault. La plupart des avis dénoncent cette masse imposante au milieu de la Seine bouchant la vue de milliers d’habitants. Une ville pauvre en espaces verts de qualité bétonne un des seuls sites qui aurait permis, comme l’île Saint Germain, de mieux aérer le secteur. Une vision économique du court terme déficitaire sur le temps long !

Michel Riottot

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La déclaration de l’île Seguin

Les enquêtes publiques qui se sont déroulées l’été dernier ont convaincu les associations que le projet proposé pour la partie centrale de l’île Seguin n’est pas bon. La forme urbaine est beaucoup trop massive et surtout la construction de 123 500 m2 de bureaux ne correspond pas aux besoins du territoire. De plus, la crise sanitaire qui nous frappe et les effets dévastateurs du réchauffement climatique sont complètement occultés !

Face à ce constat, plusieurs associations ont cosigné une « déclaration » et écrit aux ministres concernés demandant que l’État reprenne la main et refuse de valider le projet actuel. Cette prise de position marque une distance par rapport aux dispositions du protocole d’accord, signé en décembre 2018, entre les principales associations du territoire et la ville de Boulogne. En novembre 2020, plusieurs réunions inter-associatives doivent permettre de confronter les points de vue.

VDSV

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