Forêts, la région souhaite s’engager

Yann Wehrling, vice-président de la région Ile-de-France veut faire voter au prochain trimestre une motion par l’assemblée régionale portant sur des modifications de la gestion forestière des forêts publiques (domaniales et communales) franciliennes.

Constatant que sur les 274 000 ha de forêts franciliennes l’Office national des forêts (ONF) en gère 94 000 ha recevant 100 millions de visiteurs par an, la Région demande au gouvernement que la gestion des forêts publiques urbaines et périurbaines par l’ONF donne une priorité à l’accueil du public, à la biodiversité, aux paysages et à leur valeur patrimoniale, dans le respect des usages établis de ces massifs.

La Région, opérant une différenciation claire entre les massifs fortement urbanisés ou péri-urbanisés et les autres forêts relevant du régime forestier, demande un statut spécifique. Elle insiste pour que le contrat 2026-2030 entre l’État et l’ONF inscrive des objectifs et des moyens dédiés à ces forêts, à la hauteur des aménités environnementales et sociales qu’elles procurent quotidiennement aux habitants.

Les associations de protection de l’environnement de France Nature Environnement-Ile-de-France aux collectifs regroupés autour de Sauvegarde des Forêts y sont très favorables et militent auprès des députés et sénateurs pour que le message soit enfin entendu.

La filière bois soutenue par la FNSEA est loin d’entendre le message d’une modération des usages du bois surtout pour celle qui consiste à le brûler pour le chauffage puisque 70 % de la récolte annuelle de bois sert à produire de l’énergie. L’ONF est étranglé sur le plan financier et ne s’en sort qu’en vendant du bois et donc en coupant beaucoup.

Modifier son statut, par exemple pour le faire revenir aux statuts anciens des Eaux et Forêts permettrait grâce aux taxes que tous les français paient pour l’eau potable (2,4 milliards/an) d’avoir une gestion moins dépendante des coupes d’arbres. Edgar Pisani, le ministre de l’agriculture ayant créé l’ONF en 1965, a reconnu en 2007 son erreur devant les difficultés financières de cet office.

Michel Riottot

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