Forêt de Fausses-Reposes : la politique de coupes de l’ONF

58.7 Fausses Reposes VA_fmtMalgré son classement en « forêt de protection », la préservation de ce massif ne semble pas partout assurée, comme le montrent des coupes intensives récentes.

La forêt domaniale de Fausses-Reposes, qui s’étend sur 9 communes des Hauts-de-Seine et des Yvelines, a été classée « forêt de protection » par décret du 23 août 2007. Ce type de classement date de 1976 pour ce qui concerne les forêts périurbaines et les forêts dont le maintien s’impose soit pour des raisons écologiques soit pour le bien-être de la population. Le ministère de l’agriculture précise qu’il est réservé aux massifs présentant de forts enjeux en matière environnementale et sociale – constat évident pour Fausses-Reposes, située à faible distance de Paris dans un environnement de densité urbaine croissante. Ce massif nécessite une protection d’autant plus attentive qu’il est de dimension réduite : loin de Fontainebleau et Rambouillet qui dépassent, seules en Ile-de-France, 200 km2, mais aussi de Sénart ou Saint-Germain en Laye (respectivement 30 km2 et 35 km2 en partie domaniale), et même de Marly ou Meudon (20 km2 et 11 km2), Fausses-Reposes atteint modestement un peu plus de 6 km2.
Des coupes rases en limite des villes
Si le statut de forêt de protection constitue un rempart efficace contre les changements d’affectation ou de modes d’occupation du sol, il n’empêche pas l’Office national des forêts (ONF), établissement public industriel et commercial, de procéder à des travaux divers, en principe d’entretien et d’amélioration. À Fausses-Reposes, les deux dernières parcelles sur lesquelles l’ONF est intervenue, qui jouxtent Ville-d’Avray pour l’une (notre photo) et Chaville pour l’autre, ont cependant fait l’objet de coupes rases.

Un flou inquiétant sur les projets
Des interventions s’annoncent sur deux autres parcelles : dans une réunion demandée de longue date et enfin organisée le 15 janvier en mairie de Chaville, les informations distillées ont été très imprécises. Tout d’abord, l’invitation adressée par la mairie ne visait que l’une des deux parcelles concernées par la coupe projetée. Dans la réunion elle-même, après une très longue introduction généraliste, les responsables présents de l’ONF ont affirmé ne pouvoir répondre à aucune question concernant la quantité prévue d’abattage. Les chiffres auraient été laissés dans la voiture, selon le directeur de l’agence interdépartementale ou bien ne seraient pas encore disponibles ! Étonnant car les coupes sont prévues pour ce printemps et les ventes sont d’ordinaire arrêtées en septembre. Un déplacement sur le terrain n’a pas permis plus de précision, car seule une partie des arbres destinés à l’abattage a été marquée. Les motifs allégués de l’abattage, au moins pour l’une des deux parcelles, ne sont pas non plus clairs : il s’agirait pour l’essentiel d’abattre de très nombreux châtaigniers qui gêneraient le développement des chênes (très minoritaires sur la parcelle) ; mais en Ile-de-France, selon l’Inventaire forestier national, les mélanges de chênes et de châtaigniers représentent une part importante des peuplements composés d’un mélange d’essences, sans que des considérations écologiques paraissent imposer ailleurs d’abattre les châtaigniers…
Nous espérons en savoir plus en demandant communication du document de « révision de l’aménagement forestier 2005-2024 » qui aurait décidé de ces coupes. Dans l’attente, les riverains et tous ceux qui se préoccupent d’environnement ont toutes les raisons de s’inquiéter, comme le montrent les contacts pris avec des associations concernées par d’autres sites (voir par exemple www.defense-foret95.fr) : s’agit-il réellement d’entretien, ou bien de production de bois à des fins économiques ? La préservation du paysage comme de ces milieux naturels péri-urbains fragiles semble passer au second rang, de même que la protection de la faune : les abattages sont prévus pour mars, pleine période de nidification.
Béatrice Buguet

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