Biodiversité et intérêt général

Dans des conversations avec les maîtres d’ouvrage et les travailleurs qui réalisent le long chantier de Vallée Rive Gauche, on ose parfois émettre quelques opinions sur la façon dont la biodiversité a été traitée dans le projet.

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Des inquiétudes et des souhaits avaient été manifestés lors des différents épisodes de la concertation, et souvent nos interlocuteurs invoquaient l’intérêt général pour l’accessibilité ou les déplacements qui priment selon eux.
Les chantiers s’étalent sur 4 km, entre le XVe arrondissement parisien et le Pont de Sèvres. La réalisation est laborieuse et en cours d’achèvement.
Le constat est là : les berges « naturelles et sauvages » de la rive gauche se sont éloignées de plusieurs kilomètres vers l’aval.
La Seine est une zone humide (on peut le dire !) qui forme un « corridor » pour la biodiversité voyageuse qui pénètre ainsi dans Paris en s’étendant grâce au Parc Citroën, aux talus de la petite ceinture, à la zone de l’héliport ou au-delà dans les espaces verts des arrondissements et communes.
La nature sauvage est tangente au fleuve avec les coteaux boisés de Meudon, de Sèvres et de Saint-Cloud qui sont comme des balcons sur ce méandre de Seine. « L’extrême bouquet des bois d’Yveline » précisait Céline dans ses descriptions, in D’un château l’autre.
La déclaration d’utilité publique et les délibérations des élus ont privilégié la voirie, les cheminements, aux dépens de nombreuses plantes et bêtes aquatiques ou terrestres, qui ont dû bouger plus loin…
Dans les Hauts-de-Seine, les moyens et les outils sont importants, et si on considère que le traitement de la biodiversité a été négligé, nous devons compter sur les mesures dites compensatoires, et les défenseurs de l’environnement doivent s’en contenter.
Nous serons par exemple attentifs au devenir de la « Cardamine impatiente », la seule des espèces floristiques protégées, localisée par piquetage par les soins des botanistes en charge de l’inventaire préalable aux travaux.
Un doc cerfa (pour info, le 13617.01) de demande d’ « Enlèvement de spécimens d’espèces végétales protégées » a été nécessaire. Des mesures compensatoires sont même prévues sur le « motif d’intérêt public majeur » avec arrachage temporaire et une réimplantation différée.
Les volumes de sol remaniés ou excavés sur les stations de cette espèce bisannuelle resteront sur site et y seront épandus, nous promet-on.
Gil Leparmentier

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