Attention à la trame noire

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On a pris l’habitude des trames blanches (les sons), vertes, bleues, voire trames brunes (biodiversités des sols) et trame aérienne pour ne pas handicaper les déplacements des oiseaux. La trame noire est constituée de corridors écologiques caractérisés par une certaine obscurité et pouvant être empruntés par les espèces nocturnes. Une majorité d’espèces animales se déplace la nuit. La lumière est aussi un handicap pour la qualité du sommeil de toutes les espèces, dont la nôtre.

La trame noire est une réponse à l’augmentation des luminosités de toutes les sources artificielles : éclairages publics, publicités lumineuses, aéroports, grues, etc. Il faut des réseaux écologiques obscurs. En 2002 déjà, l’association internationale pour la protection du ciel nocturne (ANPCEN) avait demandé à l’Unesco de classer la nuit comme patrimoine mondial de l’humanité. À partir de 2010, pour des motifs d’économies d’énergie, comme de sécurité routière, de larges portions d’autoroutes ont été sans lumières. Un incident en 2007, vol de câbles sur l’autoroute A15, avait plongé dans le noir les automobilistes. Prolongeant l’expérience involontaire, la baisse des accidents avait été notable. Le système a depuis été étendu.

La pollution lumineuse

La rupture de la nuit peut empêcher les déplacements et les activités d’animaux, voire leurs habitats qui se retrouvent inaccessibles pour certaines espèces. Cette trame noire, assez nouvelle venue dans les couleurs des trames, devient un objectif de préservation de la biodiversité.

La pollution lumineuse est une préoccupation depuis 20 ans. Son ampleur maximale est bien sûr atteinte dans les agglomérations urbaines. Une réflexion se mène sur l’utilité de toutes les sources de lumières nocturnes. Les lumières des bureaux sont censées être éteintes la nuit comme d’ailleurs celles des commerces et leurs enseignes. Au plus tard de 1 heure à 6 heures du matin, à peu près tout doit être éteint. Les publicités éclairées sur le matériel urbain, genre abribus, ne sont pas concernées par l’interdiction malgré leur nuisance importante, 36 faces éclairées sur 700 mètres sur la RD910 à Sèvres. Il y a un gros coût écologique en termes de pollution lumineuse et une facture énergétique dispendieuse. Un grand nombre de commerces ne respectent pas la loi et laissent allumées toute la nuit enseignes et vitrines. Le centre culturel de Sèvres, le Sel affiche fièrement toute la nuit son enseigne éclairée. Quant au département, c’est le champion de la pollution lumineuse avec l’écran géant situé sur l’île Seguin à la pointe de la Seine musicale.

Aucun maire n’a pris les mesures d’information puis de contraintes nécessaires, marquant ainsi une culture écologique très limitée et un mépris affiché de la loi.

Frédéric Puzin

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