Antoine, tu nous manques !

Antoine Monnet-Tony_opt

Début décembre, nous avons appris, avec stupéfaction, le décès de notre ami et compagnon, Antoine Monnet. Il nous a quittés à 63 ans, foudroyé par une crise cardiaque que rien ne laissait prévoir.

Administrateur de Val de Seine Vert durant plusieurs années, Antoine était architecte, sportif, Sévrien, défenseur du patrimoine industriel… Avec lui nous avons travaillé à la sauvegarde d’éléments patrimoniaux des Papeteries de la Seine à Nanterre, de la Gare Lisch à Asnières et bien sûr de l’avenir de l’île Seguin à Boulogne-Billancourt. Il fut le principal artisan du compromis qui conduisit notre association à retirer son recours contre le PLU en 2015. Le document de programmation que nous avions élaboré a servi de base à l’accord passé en 2019 entre les associations, l’aménageur et la ville. Antoine et Alain défendirent pied à pied nos positions lors de la vingtaine de réunions de concertation organisées sous l’égide du tribunal de Cergy-Pontoise.

La Fabrique / Gaupillat

Ses engagements militants à Val de Seine Vert, mais aussi au comité des sites de Meudon, à Asnières, Nanterre, Boulogne-Billancourt et ailleurs l’ont souvent amené à proposer des solutions opérationnelles, architecturales et sociales. L’aventure de La Fabrique / Gaupillat en est un exemple emblématique. En 2005, l’ancienne usine de cartouches implantée au Bas-Meudon est une friche industrielle. Comme la plupart des anciennes usines des Hauts-de-Seine, elle est vouée à la démolition, Antoine ne s’y résigne pas. Il crée l’association La Fabrique et travaille à un projet alternatif qui permettrait de conserver et de valoriser les bâtiments existants. Il dessine les plans de l’usine réhabilitée, agrège les défenseurs de l’environnement et du patrimoine, des artistes, des politiques, organise des réunions publiques, des expositions… Le projet n’aboutit pas.

Militant et architecte

Antoine, déçu, encaisse. À Nanterre, pour les Papeteries de la Seine, il trouve des interlocuteurs plus ouverts et positionne son agence d’architecture pour être l’un des artisans de la renaissance de cette friche industrielle. À Asnières, il s’associe à d’autres architectes et propose un projet pour la gare Lisch dans le cadre de la consultation internationale « Inventons la Métropole du Grand Paris », ils sont lauréats. Parallèlement, Pierre-Christophe Baguet, le maire de Boulogne-Billancourt, qu’il connaît de longue date, lui propose d’être conseiller de la ville sur plusieurs dossiers sensibles dont celui de l’île Seguin. Antoine accepte et quitte le Conseil d’administration de Val de Seine Vert pour ne pas risquer d’être en conflit d’intérêts. Évidemment, nous restons liés car nous partageons les mêmes valeurs, le même désir de protéger notre environnement. Aussi, aujourd’hui, c’est un ami que nous pleurons. Toutes nos pensées vont à Chrystel sa compagne, à Mickael, Fany et Léo ses enfants et à ses petits-enfants qui ont perdu leur grand-père beaucoup trop tôt.

Val de Seine Vert

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Ciao Tony,

En plus de 20 ans d’amitié, toi et moi on ne s’est jamais engueulés.

Depuis lundi dernier, j’ai pourtant envie d’être très en colère contre toi, de te dire que ta dernière blague n’était vraiment pas drôle du tout, bref, tu fais vraiment chier là.

Tu nous avais habitués à détourner les balles qui t’arrivaient dessus, mais la dernière balle elle t’a choppée en plein cœur. J’imagine que la mort c’est une espèce d’énorme handballeuse, genre en provenance de l’Est, qui a voulu te mettre un but.

Les mots nous ont manqué depuis quelques jours, un état de sidération, d’incrédulité face à ta disparition. Aujourd’hui, demain, il faut parler de toi.

Monsieur Antoine Monnet, l’archi Monnet, m’sieur Monnet, Antoine, Tony, Tony chéri. Peu importe comment chacun t’appelait.

Tu étais un sacré personnage, au premier abord rugueux, grande gueule, militant, anar, écolo vraiment plein de défauts. En se frottant un peu plus à toi, on te découvrait gentil, affectueux, drôle, attentionné, généreux, créateur, fédérateur, initiateur de rencontres inattendues…

Et puis des projets, La Fabrique Gaupillat, cette usine que tu nous as montrée du doigt en disant : on ne va pas les laisser détruire cette beauté, on va l’ouvrir à tout le monde. Tu as su mobiliser un tas de gens différents, des gens qui a priori n’auraient jamais partagé quoi que ce soit entre eux. Tu avais un don pour ça, réunir.

Tu aimais rire. Tu aimais causer. Quand on se voyait, on refaisait ta maison, ta rue, la ville, celle d’à côté pendant qu’on y était, la France, l’Europe et le monde évidemment. Tous ces échanges nous ont tous fait grandir, nous ont enrichis d’idées, de convictions, d’envies.

Nos conversations se sont interrompues trop brutalement, on avait encore plein de choses à se dire, on avait encore besoin de toi. Tu laisses un vide immense, mais nous te remercions pour tout ce que tu as été pour chacune et chacun d’entre nous.

Il faut aussi parler des vivants, de tes amis, de ta famille.

Chrystel, Mickaël, Fanny, Léo, Adèle, Maxime, Raphaël, Lara et Mehdi : nous sommes là, non seulement pour partager avec vous la douleur, les souvenirs, mais aussi pour la suite évidemment.

Tony quand ça n’allait pas, tu disais « j’en chie docteur ». On en chie tous aujourd’hui, mais demain faut que ça aille mieux ! Tu aurais été le premier à le penser et à le dire.

Catherine Candelier

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