Pour la commune

illustration de Christophe Roujean mise en page par Léa Schaffhauser

Une commune survit toujours par son nom, son histoire, et par un sentiment d’attachement à un territoire. Aucune réelle réflexion n’a été engagée, depuis 1983, sur l’empilement des strates. La Région devenait alors une assemblée légitime. Commune, région, département, intercommunalité, métropole, syndicats intercommunaux brouillent et diluent les responsabilités. Ces territoires sont territorialement instables, ils voient leur périmètre évoluer constamment. Il n’y a pas de société d’histoire locale des interco, des régions. Elles n’ont pas de mémoire et pas de sentiment d’appartenance. L’appartenance communale est pourtant la base d’une identité ouverte et inclusive.

Le maire et ses adjoints sont officiers d’Etat civil et officiers de police judiciaire, ayant seuls le droit de porter une écharpe tricolore au sein des collectivités locales, ce qui n’est pas le cas de multiples autres postes électifs où les fausses écharpes fleurissent, régions, départements, qui n’ont aucun droit de se draper dans le drapeau français. Ces manquements sont significatifs d’un état d’esprit qui tend à confondre toutes les collectivités territoriales alors que la commune possède deux spécificités décisives, la proximité et un lien d’appartenance.

Il faut être vigilants sur les pertes d’indépendance, de responsabilités de proximité, rarement comprises sinon connues par nos concitoyens. Il faudrait mesurer l’impact de la multiplication des casquettes : les maires sont vice-présidents d’intercommunalités, conseillers départementaux, présidents d’établissements publics, conseillers métropolitains, rendant difficile la lisibilité de leurs actions. La personnalisation outrancière du pouvoir municipal y oblige presque. C’est une situation incapacitante qui crée de la confusion, qui coûte cher à tous. Réduire le nombre d’institutions électives est un impératif.

Frédéric Puzin

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