Patience, force, rage !

La vie d’un·e militant·e d’une association de protection de l’environnement n’est guère enviable. Ce n’est pas un milieu de la légèreté et de la plaisanterie. Les sujets sont toujours mortifères pour la faune, la flore, les forêts, l’espèce humaine etc.

Il faut jouer avec l’ingéniosité extraordinaire de toutes celles et ceux qui, quels que soient les dangers, ont décidé de ne rien changer à leurs pratiques.

On peut, on doit manifester, mais notre combat est aussi administratif, juridique et procédurier contre les projets écocides.

Les délais de contestation sont courts et les procédures à suivre tatillonnes et coûteuses, d’une complexité qui laisse penser que la foule n’est pas bienvenue.

La « population » s’investit de façon limitée dans les enquêtes publiques. Les « jeunes » censés être la « génération climat » n’y participent pas du tout.

Nombre de citoyens ne réagissent aux projets, qui ont mis dix ans à se monter, que lorsqu’ils en découvrent les fondations.

Les alertes associatives ayant été sans effet sur eux tant que rien ne sortait de terre.

L’économie repose sur les travaux publics qui génèrent un bétonnage sans fin.

Il faut beaucoup de temps pour obtenir des résultats, ce temps est un ami et un ennemi. Ami, car il peut pousser les « promoteurs », les élu·e·s sensibles à l’environnement et aux risques électoraux, à abandonner ou à faire des concessions et seules les associations possèdent l’expérience et la patience pour les obtenir. Ennemi, car les travaux ne s’arrêtent pas souvent, les bétonneuses ont depuis longtemps terminé leur œuvre quand les jugements sont rendus, ou bien continuent comme si de rien n’était.

La stratégie de la terreur employée par certains promoteurs dans les Hauts-de-Seine est d’attaquer le Président de l’association requérante et lui demander des dizaines voire des centaines de milliers d’euros de dédommagement. Des élus se contentent de couper toute aide institutionnelle aux associations qui les contrarient, confondant les moyens de la démocratie avec des moyens à usage partisan.

Et pourtant, nous persistons à nous engager dans le second département le plus dense de France.

L’adhésion aux associations de protection de l’environnement est sans doute ce qui contrarie le plus celles et ceux pour qui les impératifs du
réchauffement climatique n’évoquent qu’un maillot de bain.

Frédéric Puzin

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