La solution biomasse

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Méthaniseur de Sourdun (Seine-et-Marne)
photo François Xavier Létang

Pour répondre à l’urgence climatique et à l’Accord de Paris, le plan climat énergie propre de la région Île-de-France vise le zéro carbone à l’aube de 2050. Le défi est de taille pour les Franciliens qui importent près de 90 % de l’énergie qu’ils consomment.

Les énergies renouvelables (EnR) ne produisent que 8 % de la consommation des Franciliens, sachant que dans un environnement urbain densifié il est difficile d’implanter des champs d’éoliennes, des centrales solaires ou encore des centrales géothermiques. Pour atteindre ses objectifs, le plan climat énergie mise sur une complémentarité entre les réseaux électriques, les réseaux gaz (méthane et biogaz) et la production d’hydrogène vert. Le biogaz et l’hydrogène décarbonée, produit par les EnR, sont classés parmi les énergies renouvelables catégorie «biomasse énergie» qui, par la valorisation des déchets et la réduction des émissions de CO2, présentent de nombreux impacts positifs sur l’environnement.

La méthanisation

Le biogaz est obtenu par la fermentation naturelle (méthanisation) de déchets organiques divers et parfois combinés : ordures ménagères, boues des stations d’épuration, produits agricoles, tontes des espaces verts ou résidus de l’industrie agroalimentaire. Ces déchets provoquent une quantité conséquente de gaz toxique qui engendre un effet de serre 25 fois plus puissant que le CO2. Composé pour deux tiers de méthane, il est bénéfique de récupérer ce biogaz qui, par une action de recyclage dépolluante, est une source d’énergie non négligeable réinjectée dans le réseau de gaz naturel. Selon une étude de l’ADEME et de GRDF, « la substitution du biométhane au gaz naturel permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’équivalent de 188 grammes
de CO pour chaque kWh produit, injecté et consommé ». Utilisé comme carburant vert pour véhicules, le biogaz épuré est dénommé bioGNV (Gaz Naturel Véhicules). En France, aujourd’hui, c’est principalement dans les véhicules lourds que le bioGNV est employé : camions, cars et bus.

L’hydrogène, actuellement utilisé comme matière première dans l’industrie, présente des propriétés qui peuvent contribuer à l’ensemble de la transition énergétique. L’enjeu est aujourd’hui de décarboner sa production en tant que matière première par électrolyse de l’eau et de développer ses applications énergétiques dans l’industrie, la mobilité et l’énergie.

Les projets de transition écologique

La région Ile-de-France compte aujourd’hui vingt sites de méthanisation en Seine-Saint-Denis qui représentent une capacité de production de 280 GWh, l’équivalent de 78 000 logements, une vingtaine de stations de bioGNV, des centres bus biogaz et un centre de recherche dédié à l’hydrogène à Alfortville. Dans les Hauts-de-Seine, deux stations de bioGNV sont déjà implantées à Gennevilliers et une à Nanterre. En 2023, la ville d’Issy-les-Moulineaux sera équipée d’une centrale de production d’hydrogène qui alimentera d’une part les véhicules de la commune et d’autre part le chauffage et la production d’eau chaude de nouvelles habitations. En 2024, toujours sur le Port de Gennevilliers, une usine de méthanisation valorisera jusqu’à 50 000 tonnes de biodéchets par an. Elle produira du biométhane qui sera injecté dans le réseau public de gaz et alimentera les stations de bioGNV de la ville.

Le plus grand défi pour la Région sera cependant de réduire sa dépendance au nucléaire. En effet pour alimenter les électrolyseurs nécessaires à la production d’hydrogène, seule une électricité d’origine renouvelable produit un hydrogène à très faible empreinte carbone (ou hydrogène vert).

Didier Valon

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Trois axes majeurs

Pour lutter contre le changement climatique et la pollution de l’air, trois axes d’action se dégagent autour de l’énergie :

  • la sobriété énergétique : prioriser les besoins énergétiques essentiels dans les usages individuels et collectifs ;
  • l’amélioration de l’efficacité énergétique : réduire la quantité d’énergie nécessaire à la satisfaction d’un même besoin ;
  • le développement des énergies renouvelables : remplacer progressivement les énergies fossiles et nucléaire.

(source NégaWatt).

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