Ile Seguin, Une malédiction vaincue ?

La promesse de vente pour la partie centrale de l’Ile Seguin entre la Société publique locale Val de Seine Aménagement et Bouygues Immobilier a été signée le 19 décembre 2024 par Marie-Laure Godin, adjointe au maire de Boulogne-Billancourt et présidente de la SPL, et Sabine Lépine, directrice générale Immobilier d’Entreprise France chez Bouygues Immobilier.

Après plusieurs vagues de recours contentieux, portés par des associations de défense de l’environnement, un nouveau compromis, qu’on espérait final, a été signé entre six associations requérantes et la Société d’aménagement. Il réduisait un peu la surface de bureaux et faisait disparaitre la Halle basse prévue au centre du projet pour favoriser une meilleure végétalisation du site. Val de Seine Vert s’est opposée à la disparition du seul espace possible de rencontres hors commerces et bureaux. Le compromis s’est largement basé sur cette disparition entraînant celle du lieu de la mémoire ouvrière, obtenu notamment par Val de Seine Vert, en résultat de la médiation juridictionnelle d’un recours déposé précédemment.

Le projet de l’agence BIG a souffert de la situation internationale, la guerre en Ukraine, de l’envolée des taux d’intérêts, de la période covid et le développement du télétravail avec ses conséquences sur le nombre de bureaux nécessaires pour les entreprises, au point de sembler très compromis.

Entre les voisins qui s’inquiétaient de la hauteur des immeubles, des promoteurs qui voulaient faire une opération financièrement soutenable, la Ville qui traîne comme un boulet un chantier de bientôt 40 ans, celles et ceux qui pensaient pouvoir obtenir une friche végétalisée etc. la nouvelle de la conclusion de cet accord doit être accueillie avec soulagement. En cas d’échec c’est le projet précédent DBS qui aurait reçu le feu vert.

L’Ile Seguin est emblématique, c’est l’arbre qui a caché la forêt de multiples autres projets dévastateurs. On en compte douze d’ampleur, annoncés fièrement par le Conseil départemental. Pendant qu’on s’occupait des quelques centaines de m2 de l’Ile, des dizaines de milliers d’autres sont minéralisés dans l’indifférence pour permettre d’abord l’élargissement des voiries et un transit automobile toujours plus conséquent.

Notre économie est trop dépendante de la manne des travaux publics, les commandes institutionnelles qui voient se succéder des chantiers pharaoniques dont l’urgence et le besoin sont loin d’être manifestes.

Frédéric Puzin

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