Samedi 31 janvier 2025, le ban et l’arrière ban des Hauts-de-Seine* accompagnés de Michel Desvigne, architecte paysagiste, étaient présents sur l’île Seguin pour inaugurer le parc départemental Gauthier Mougin.

Situé sur la rive sud-est de l’île, face au coteau de Meudon, le parc de 1,5 hectare est composé d’une pelouse en forte déclivité enserrée dans une promenade agrémentée d’œuvres d’art prêtées par la FRAC Île-de-France et la fondation Emerige, qui font de l’île Seguin « le phare de notre vallée de la Culture » d’après le président du Conseil départemental, Georges Siffredi… La promenade sera bientôt reliée aux berges aménagées sur une partie du tour de l’île, en contrebas du parc qui représenteront un hectare supplémentaire accessible aux promeneurs, comme le beau jardin Bellini – mal signalé – situé en haut des escaliers de la Seine Musicale. La partie centrale végétalisée en pelouse et faiblement arborée occupe moins d’un hectare en deux parties (environ 300 m par 30 m de large).
Du haut de la promenade, on peut voir vers l’aval de la Seine le complexe de la Seine Musicale et, vers l’amont, la Pointe des Arts d’Emerige en fin de construction, un hôtel quatre étoiles de 230 chambres, un complexe de dix salles de cinéma, des commerces
et un centre d’art contemporain.
En regardant au nord-ouest vers Billancourt, on tombe sur la grande friche du centre de l’île utilisée comme dépô de matériels en attente des décisions pour l’aménagement de ces trois hectares dont la destination reste toujours obscure -même pour Val de Seine Vert partie prenante du comité de suivi (voir le feuilleton avec Bouygues qui n’a toujours pris aucun engagement ferme et heureusement réduit plusieurs fois à la baisse les 130 000 m2 de bureaux du projet initial) !
Une partie de ces trois hectares pourrait être destinée à des résidences étudiantes et/ou seniors ainsi qu’à la réalisation d’un (petit) espace boisé.
Certains se prennent à rêver que cette friche redevienne une extension naturelle du « petit parc »en retrouvant les espaces végétalisés, arborés et cultivés du « parc éphémère »du début des années 2000 incluant d’autres œuvres d’art provisoire et (enfin !) un lieu de mémoire de l’usine Renault de Billancourt, ses dizaines de milliers de travailleurs de 53 nationalités qui y ont construit des véhicules prestigieux (les Grand Luxe au début du 20e siècle) et plus populaires (les 4CV, Dauphine 4L, etc) après la guerre.
Seguin-Billancourt, haut lieu de la conscience ouvrière à propos duquel on disait dans les années 60 « Quand Billancourt éternue, la France s’enrhume ! »
Remi Lescoeur
* G. Siffredi, président du Conseil départemental, P. Ollier, président de la Métropole du Grand Paris, PC. Baguet, président de GPSO et maire de Boulogne-Billancourt, le sous-préfet…
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Le lieu de mémoire

Depuis sa création, en 1992, Val de Seine Vert milite pour célébrer la mémoire ouvrière sur l’île Seguin. En novembre 2015 l’association signe un protocole d’accord avec la SPL Val de Seine aménagement et la ville de Boulogne-Billancourt qui les engage à “la création d’un lieu de mémoire des usines Renault et des ouvriers, sur la ZAC”. L’engagement est confirmé en décembre 2018 quand la commune signe un accord transactionnel de médiation avec quatre associations et un particulier. Nous rappelons cet engagement à Gauthier Mougin, adjoint au maire de Boulogne-Billancourt en charge du dossier, en décembre 2020, il nous répond : « s’agissant particulièrement de la mémoire du passé industriel de l’île, la commune s’est engagée en partenariat avec les différents acteurs intéressés à ce qu’un lieu de mémoire du passé industriel de l’île soit créé, sur l’Ile Seguin ou à proximité immédiate ».
Ce lieu de mémoire devait prendre place dans la halle qui, en 2023, a été supprimée pour agrandir le parc. La ville doit maintenant lui trouver un autre point de chute pour respecter ses engagements. Nous y veillons.
Luc Blanchard





