École Billancourt,  sauvée pour le moment

Une école datant de 1916 dite « Jules Ferry » c’est plus qu’un simple bâtiment. C’est un lieu de souvenirs, de rires et de pleurs, de courses dans ces grands couloirs. C’est un lieu de vie, d’éducation, d’apprentissage et d’amitiés. Même si parfois, elle ne semble pas répondre aux critères actuels de gestion de l’espace, elle a un atout qu’aucun bâtiment moderne ne peut avoir : l’histoire en mouvement.

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Alors quand en mars 2011, de nombreuses personnes, adhérentes ou non de notre association, nous ont demandé d’intervenir auprès du maire de Boulogne-Billancourt pour que celui-ci ne mette pas en œuvre son projet de destruction – reconstruction – promotion immobilière du bâtiment de l’école Billancourt située au 178, rue de Billancourt nous ne pouvions qu’accepter cette demande. D’autant plus, que dans la même période à Chaville et à Levallois-Perret, deux écoles à peu près de la même époque disparaissaient pour céder la place à des opérations immobilières.

À leurs côtés, nous avons participé à la création de l’association SOS École Billancourt présidée par une ancienne directrice de l’école, Mme Fournier, et animée par des anciennes élèves dont Anne-Sophie et Valérie et d’anciens parents d’élèves, par exemple Liliane, ou encore Maurice. Ils ont lancé un blog, http://ecolebillancourt.word-press.com, demandé au sénateur de l’époque M. Fourcade de saisir la direction des affaires culturelles (DRAC) pour obtenir le classement de l’école à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques, lancé une pétition qui a recueilli plus de 2 500 signatures ou encore animé, en décembre 2011, une table-ronde sur le thème : « Architecture et pédagogie : 130 ans dans les écoles Ferry ». Mme Bauche, conseillère municipale, est intervenue plusieurs fois en conseil municipal pour montrer le caractère absurde de cette opération. Le numéro spécial de « Marianne et l’Histoire » consacré à l’école de la République a même dédié une pleine page à ce combat.

Encore une fois, contraint par l’absence de dialogue avec le maire, nous avons attaqué, en novembre 2011, devant le tribunal administratif la délibération prise en conseil municipal, le 12 mai 2011, formalisant ce projet. Encore une fois, nous avons eu le droit à « avec vous aucun projet immobilier n’est possible ; il faut retirer tous pouvoirs de contestation aux associations ». Et pourtant, la DRAC a admis que le bâtiment avait un caractère patrimonial particulier. Et puis, le 13 décembre dernier, le maire a fait adopter par son conseil une délibération abrogeant celle de mai 2011.

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Sans l’action conjuguée de ces citoyens engagés et de notre association, ce bâtiment encore fréquenté par des centaines d’élèves aurait probablement été voué à la destruction au cours de l’été 2013.

Mais rien n’est fini car comme l’a rappelé, en décembre 2011, M. Joutard, professeur d’histoire à l’Université de Provence, chargé de la réforme des programmes du primaire en 2002, il est important « d’entretenir ce patrimoine : face à l’éclatement du temps et de l’espace auquel les individus sont confrontés dans un monde aux changements globalisés et accélérés, le patrimoine agit comme un repère. Ceci est particulièrement vrai pour les enfants et adolescents qui, en fréquentant des établissements comme l’école Billancourt, s’inscrivent dans une succession rassurante. »

Alain Mathioudakis

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