Du devenir de l’île Seguin

A l’heure où cette lettre est bouclée, la nouvelle du retrait du recours fait par deux associations boulonnaises à l’encontre du permis de construire du pôle des arts plastiques et visuels dénommé R4 a été rendue publique. Cette décision pour laquelle Val de Seine Vert a milité depuis des mois en renonçant à toute action dès janvier 2014 ne peut qu’être saluée. Finalement l’accès à la culture et l’intérêt de tous ont eu raison de multiples divergences. Après la pose de la première pierre de la Cité Musicale, le 5 juillet dernier, l’aménagement futur de l’ile Seguin commence à se dessiner.

2016, verra donc l’ouverture de ce complexe musical sur la pointe aval de l’île, équipement de 36.500m², financé par un partenariat public-privé d’une durée de 30 ans dont le coût total pris en charge par les contribuables franciliens doit s’élever à 540 millions d’euros. Puis en 2017, ce sera le tour du R4 dont le bâtiment ira à terme jusqu’à sa pointe amont et comptera au minimum 30.000 m², structure à priori financée entièrement sur des fonds privés pour un montant avoisinant les 150 millions d’euros.

Au-delà de ces deux structures, l’avenir du projet d’aménagement global de l’île prévoyant de construire 255.000 m² sous la houlette de l’architecte Jean Nouvel, semble au point mort voire pourrait être remis en cause. En effet, depuis son approbation par une partie des Boulonnais en décembre 2012, bien des choses ont changé.

Le secteur de l’immobilier continue à s’installer dans le marasme ralentissant l’envie des promoteurs de se lancer dans des projets de grandes ampleurs. Les projets d’immobiliers de bureaux menés à grand train par le maire d’Issy-les-Moulineaux, contestables tant en terme juridique que de densité urbaine, sont également en train de rendre inutiles toutes constructions d’envergure sur l’île. La création de la Métropole du Grand Paris, en janvier 2014, bouleverse aussi les desseins Boulonnais. Cette nouvelle strate administrative a comme première mission de construire du logement et l’île Seguin pourrait très bien recevoir des logements dont Paris et sa banlieue ont tant besoin ; apparemment des contacts ont déjà été pris.

Alors même si la contestation judiciaire de la modification du plan local d’urbanisme concernant l’île Seguin, dont Val de Seine Vert est partie prenante, s’arrêtait subitement, le devenir de cet aménagement resterait dans l’incertitude, tant il est dépendant des stratégies financières de groupes immobiliers et de rien d’autre.

Alain Mathioudakis

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