
Le projet de fusion entre les Yvelines (78) et les Hauts-de-Seine (92) rêvé et engagé en 2016 par Patrick Devedjian (Hauts-de-Seine) et Pierre Bédier (Yvelines) a officiellement pris fin en juillet 2026, après dix ans de tentatives de mainmise sur tout l’Ouest de la métropole du Grand Paris.
Les deux caciques (présidents des deux conseils généraux) issus de la droite dure avaient imaginé réunir ces deux départements via un Établissement public interdépartemental ad-hoc (EPI 78/92) qui devait devenir un nouveau département (Seine-et-Yvelines) réunissant la richesse des Hauts-de-Seine et le foncier des Yvelines.
Outre l’opposition politique gouvernementale au projet dès 2017 (notamment de Gérard Collomb), le moins que l’on puisse dire est qu’il correspond réellement à une initiative « descendante » des deux amis sans que les autres élus et les populations des départements ne se soient sentis concernés par l’affaire.
Les deux départements ont à peu près le même nombre d’habitants (1,55 million) mais des superficies bien différentes (2.300 km2 contre 176 km2).
Les concertations des populations n’ont pas eu un franc succès et les résultats sont restés largement confidentiels. On retiendra cependant la crainte des zones rurales du 78 (80% d’espaces verts) d’être dominées voire accaparées par les zones urbaines denses du 92 et l’écart de leurs niveaux de vie respectifs (28K€ en Yvelines versus 70K€ des Hauts-de-Seine, plus haut niveau de France).
Plusieurs remarques – anecdotiques – ont porté sur la confusion entre les communautés GPSO (Sud-Ouest 92) et GPS&O (Seine et Oise 78)…
Le seul résultat concret qui subsiste de ce projet mal engagé est la mutualisation de certains services comme la voirie et l’entretien des routes, l’éducation et l’adoption, le numérique au travers de Seine-et-Yvelines Numérique (sic !) ainsi que la fusion de la SEM 92 et d’autres SEM des Yvelines dans Citallios.
Mais est-ce que ces mutualisations positives sont appelées à survivre hors d’un cadre départemental unique ?
Rémi Lescoeur





