Des citoyens engagés

Val de Seine Vert est une association qui ne vit que par l’investissement de ses membres. Depuis sa création, beaucoup ont su donner de leur temps, de leur expertise voire de leur santé pour porter et promouvoir les combats que nous pensions déterminants pour l’avenir du Val de Seine.

En 1990, nous associions l’adjectif « vert » au Val de Seine. Il y a donc trente ans, nous assumions notre engagement écologiste de la façon la plus nette possible. Ces trente années sont loin d’avoir été faciles, la communion actuelle autour de la transition écologique n’a pas toujours été partagée par toutes et tous. C’est un effet du combat de Val de Seine Vert que d’avoir permis l’infusion dans la société des impératifs écologiques même si évidemment nous nous serions bien passés d’un développement urbain aussi dense que de celui du Val de Seine.

Nombre d’entre nous se sont présentés avec des succès divers à des élections locales, souvent sollicités à cause d’un engagement associatif qui a affiné leur expertise et contribué à leur notoriété. Cette expertise est précieuse et on peut vouloir changer d’angle d’engagement en passant de la défense de l’environnement à des actions de gestion concrète au sein des institutions élues.

Depuis toujours se pose la question des liens entre l’associatif et le politique. Pour certains, les deux exercices sont incompatibles, pour d’autres, dont plusieurs animateurs de Val de Seine Vert, l’engagement politique est le prolongement naturel de l’engagement associatif. Sans même être adhérents d’un parti politique, il n’est pas rare que des associatifs soient candidats aux élections municipales. Six membres de notre conseil d’administrations étaient candidats sur différentes listes lors des dernières municipales.

 Alain Mathioudakis, président de notre association, s’est engagé sur la liste de Pierre-Christophe Baguet, maire de Boulogne Billancourt et devrait être demain en charge de l’environnement. « Au moins aurons-nous un interlocuteur qui sait de quoi il parle » commentait une associative boulonnaise au lendemain de l’élection. En prenant des responsabilités dans un exécutif municipal, Alain ne pouvait rester président de notre association, d’ailleurs dès son engagement connu il s’était mis en retrait. Voilà la limite du mélange des genres. Les associatifs doivent se tenir à l’écart des exécutifs de façon à garder leur indépendance. Siéger au conseil municipal n’entame pas cette indépendance, mais participer à un exécutif, aux commandes, est différent. Fidèle à sa doctrine, Val de Seine Vert élira un nouveau président lors de son assemblée générale le 4 juillet prochain.

C’est la force de notre association que d’assumer pleinement les engagements citoyens de ses membres. Rien n’est encore gagné définitivement et la crise sanitaire actuelle se double d’une crise économique qui risque de faire oublier le besoin de protection de l’environnement et les exigences de décroissance qui en matière de mobilité pourrait se résumer en trois propositions : moins vite, moins souvent, moins loin.

La frénésie consommatrice ne disparaîtra pas du jour au lendemain, nous deviendrons meilleurs si nous sommes attentifs aux systèmes les plus fragiles tels que notre environnement. C’est le combat que mène Val de Seine Vert, en toute indépendance.

Frédéric Puzin

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Pourquoi ?

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À partir de mars 2019, des millions de jeunes ont suivi Greta Thunberg, devenue célèbre avec son sitting devant le parlement suédois le 20 août 2018 et sa petite pancarte : « skolstrejk för klimatet ». Ils ont défilé bien des vendredis après-midi portant fièrement son slogan « en grève scolaire pour le climat ».

Leur marche m’a interpellé : comment à mon humble niveau leur répondre ? Même si en tant que simple citoyen ou militant politique et associatif, j’ai mené bien des batailles. N’est-il pas temps de dépasser tous les clivages, politiques, associatifs et humains pour que chacun, ensemble, à son échelle, change les comportements ?

Alors, quand le maire de Boulogne-Billancourt m’a proposé de m’investir auprès de lui afin de travailler sur les questions environnementales, fallait-il refuser cette main tendue en prenant prétexte des combats passés qui nous ont opposés ?

Je pense qu’au regard de l’urgence à laquelle nous sommes confrontés, nous ne pouvons rester sur nos certitudes passées, il faut faire bouger les lignes et vite.

Avant de formuler une réponse, j’ai échangé avec bien des personnes, dont des militants, des écologistes très engagés. Tous m’ont dit, unanimisme étonnant, « ne refuse pas cette proposition ». Certains ont ajouté : nous n’avons plus le temps d’attendre les lendemains qui chantent ou qui déchantent promis par certains, la planète, la faune et la flore se meurent, tout peut arriver du jour au lendemain, une tempête plus monstrueuse que celle de 1999 ou pire encore ; les faits actuels ne leur ont-ils pas donné raison !

Finalement, j’ai pleinement accepté la proposition de Pierre-Christophe Baguet. Les femmes et les hommes de bonne volonté doivent savoir se réunir pour essayer de répondre aux défis immenses que nous avons à affronter. Dans ce combat, le secteur associatif a et aura bien sûr toute sa place !

Alain Mathioudakis

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« Prise de guerre »

Je veux ici me faire le porte-parole d’adhérents boulonnais de Val de Seine Vert qui ont, comme moi, découvert dans le premier tract électoral du maire de Boulogne que « le président de Val de Seine Vert » se présentait sur sa liste en position hautement éligible ! Aucune information sur ce sujet n’ayant été diffusée au préalable dans notre association, c’est par ce tract relayé sur un ton goguenard par des proches du maire que l’on a appris cette « prise de guerre » d’un maire avec qui l’association a ferraillé pendant vingt ans.

Disant cela, je n’oublie pas l’engagement constant d’Alain Mathioudakis depuis de près de dix ans à la présidence de VdSV, ni ses compétences organisationnelles et juridiques sur de nombreux sujets complexes que l’association a assumés. Je comprends également sa volonté de tenter une nouvelle aventure en position de responsabilité dans un environnement qui ne sera sans doute pas confortable. Et je lui souhaite bonne chance.

Je souhaite que Val de Seine Vert retrouve de l’ambition vis-à-vis de l’emblématique projet d’aménagement de l’île Seguin, pour une île avec moins de béton, plus d’espaces naturels ouverts à tous, plus d’originalité architecturale et artistique, plus d’ouverture sur le fleuve (cf. Écho #93) en rupture avec les positions qui me semblent trop conciliantes de ces deux dernières années.

Remi Lescoeur

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