Révision du plan de protection de l’atmosphère

Débuté en juillet 2026, la révision du PPA d’Île-de-France vise à se conformer aux valeurs limites de la directive européenne de 2030 relative à la qualité de l’air.

La révision du PPA a pour objectif de diviser par deux les valeurs limites en moyenne annuelle du dioxyde d’azote (NO2) et des particules fines (PM10 et PM2.5) et de diminuer le nombre de jours par an où la concentration en ozone dépasse 120µg/m3. Cependant, la directive de 2030 n’est pas encore suffisamment protectrice, l’OMS recommandant de diviser par quatre les valeurs actuelles pour assurer notre santé.

Les canicules ont aggravé et multiplié les pics d’ozone en Ile-de-France, dépassant à de multiples reprises les seuils d’information et d’alerte, illustrant une fois de plus les liens entre la qualité de l’air et le changement climatique. L’ozone est un polluant secondaire se formant sous l’effet des rayons du soleil, à partir des oxydes d’azote et des composés organiques volatils.

Les statistiques d’Airparif pour les 23 stations analysant l’ozone depuis le début 2026 (16 en milieu urbain et périurbain et 7 en zones rurales) montrent que toutes les stations ont dépassé au 28 août 2026 les 25 jours annuels avec une moyenne de 31 jours/an sans différence significative entre urbain et rural.

L’incendie de Fontainebleau a également participé à la dégradation de la qualité de l’air, entraînant une hausse des particules fines et des émissions de monoxyde de carbone.

Un quart des Franciliens sont encore exposés à des dépassements de seuils ne respectant pas les normes de la directive de 2030. Si nous prenons en compte les seuils de l’OMS, en 2025, 95% des Franciliens étaient exposés à un dépassement des concentrations recommandées de NO2, ce chiffre était de 100 % pour l’ozone et les PM2.5 et 55% pour les PM10.
En outre, des disparités d’exposition entre les territoires de la région parisienne persistent : la Métropole du Grand Paris et le département de la Seine-Saint-Denis sont par exemple davantage exposés à des concentrations élevées de PM10 que d’autres collectivités franciliennes.

Avec des pollutions représentant un coût de 28 milliards d’euros annuels pour la région, améliorer la qualité de l’air doit constituer l’une des priorités pour préserver la santé. neuf groupes de travail thématique sont créés afin que toutes les parties prenantes soient représentées, ce qui n’avait pas été fait lors de la précédente révision. L’objectif étant d’organiser une consultation publique de 6 à 8 mois en 2028 et valider le PPA au 31 décembre 2028.

Les ambitions sont grandes et de nombreuses interrogations subsistent sur la réduction du trafic routier, du chauffage résidentiel au bois et des canicules génératrices d’ozone.

L’Ile-de-France est un territoire multi-exposé aux pollutions (air, bruit, eau et sols) et peu préparé aux vagues de chaleur. La révision se doit d’apporter les modifications nécessaires pour respecter la directive 2030 en apportant des objectifs clairs, ainsi que des mesures budgétisées et articulées entre les différents acteurs.

Un air sain constitue le premier souffle d’une région en bonne santé.

Michel Riottot

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