30 ans de retard !

Du 30 septembre au 31 octobre 2019 a été organisée une enquête publique sur la requalification d’une partie de la départementale (D910) qui relie Paris à Versailles, sur les communes de Sèvres et de Chaville. Il s’agit d’un très ancien projet porté par le département des Hauts-de-Seine. La dernière mouture n’est pas meilleure que les précédentes.

Le département des Hauts-de-Seine présentait son projet, au SEL de Sèvres, le 15 octobre 2019. Deux cents personnes avaient fait le déplacement et, pour la très grande majorité, ils étaient mécontents. Dès l’ouverture des débats, les questions ont fusé : Pourquoi mélanger piétons et cyclistes ? Pourquoi ne pas avoir prévu une voie pour bus en site propre ? Que feront les services de secours en cas d’embouteillage s’il n’y a que deux voies ? Pourquoi couper des arbres centenaires alors que les canicules se multiplient ?…

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Les techniciens du département tentèrent, tant bien que mal, de parer les coups : de nombreux arbres seront replantés et ils devront avoir entre 2 et 4 mètres de haut de façon à ne pas gêner le passage du bus. C’est un projet de 50 ou 60 millions d’euros et il a pour objectif un meilleur partage de l’espace public afin d’améliorer le cadre de vie. Le temps de parcours des bus ne sera allongé que de quelques minutes…

Le maire de Sèvres, Grégoire de La Roncière, tenta de se concilier les bonnes grâces du public en expliquant que le conseil municipal de Sèvres avait demandé au département d’étudier comment le ru de Marivel (rivière canalisée en égout qui passe sous la RN 910) pourrait être remis à jour par endroits. Il contredit même les techniciens du département en expliquant que l’idée des cyclistes de faire passer leur piste entre les deux voies de circulation devait être étudiée. Quelques minutes plus tôt, il avait été dit que les calculs montraient que cet aménagement rallongerait les temps de parcours. Visiblement le rétropédalage prudent du maire de Sèvres, qui est par ailleurs Conseiller départemental, ne suffit pas à calmer les esprits. Une conseillère municipale écologiste stigmatisa le projet comme ayant « 30 ans de retard ».

Le commissaire enquêteur, présent à la tribune, ne découvrait pas les critiques formulées par la salle, la plupart avaient été détaillées dans l’avis de Val de Seine Vert. Il put néanmoins constater par lui-même que de très nombreux citoyens étaient scandalisés par le projet. À la fin du mois d’octobre, l’enquête publique prendra fin et il devra rédiger son rapport, souhaitons qu’il s’en souvienne.

Luc Blanchard

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