Le projet de loi visant à supprimer les zones à faibles émissions (ZFE) qui devait être adopté en janvier a été reporté. Le dispositif était devenu un chiffon rouge donnant prise à toutes les dénonciations populistes. Injustes car mal accompagnées, les ZFE servent pourtant la santé publique.

Contrairement à ce que leur nom laisse penser, les émissions dont il est question avec les ZFE ne sont pas responsables du réchauffement climatique, il ne s’agit pas d’émissions de gaz à effet de serre mais d’émissions de particules fines. Ces particules, toxiques pour les voies respiratoires, sont produites principalement par le chauffage au bois et le trafic routier lors de la combustion du carburant et du freinage des véhicules.
En Île-de-France, les particules fines sont responsables de 8 000 décès prématurés par an. La lutte contre ce fléau est donc une question de santé publique, mais le mécanisme mis en place, avec les ZFE, est d’emblée apparut comme injuste.
Le chiffon rouge
En octobre 2018, Elisabeth Borne, alors ministre des Transports, lançait le déploiement des zones à faibles émissions (ZFE), dispositif qui devait restreindre progressivement la circulation des véhicules les plus anciens dans les centres villes. Mal connu (voir encadré), mal accompagné, le dispositif ne permettait pas aux plus précaires d’échanger leurs véhicules polluants contre des véhicules électriques. Par ailleurs, les propriétaires de SUV électriques, mastodontes de plus de deux tonnes au bilan environnemental déplorables, n’étaient pas impactés !
Malgré ces travers, le bilan de la ZFE est largement positif et plus de deux cent métropoles européennes l’ont adopté. En Ile-de-France, elle a permis une diminution de 14% des émissions d’oxydes d’azote (NOx).
La contre-attaque
Sept ans après sa mise en place, alors que les Franciliens sont majoritairement favorables à son maintien, la suppression des ZFE est envisagée et aucune solution alternative n’est proposée. C’est ce que pointe l’association Respire qui envisage de contre-attaquer sur
le terrain judiciaire. Ces dernières années, la France a été condamnée par la Cour de justice de l’UE puis par le Conseil d’Etat pour des dépassements répétés des valeurs limites fixées par la directive européenne de 2008. En 2025, les bons résultats obtenus par les ZFE avaient permis à l’Etat d’échapper aux sanctions financières. Si les ZFE étaient abandonnées, l’association demande que des sanctions soient rétablies.
Luc Blanchard
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Un dispositif mal connu
“Dans la Métropole du Grand Paris, la ZFE est entrée en vigueur progressivement depuis 2017 (initialement à Paris puis plus largement). Elle s’applique aujourd’hui sur l’ensemble du territoire situé à l’intérieur de l’A86, du lundi au vendredi de 8h à 20h (hors week-ends et jours fériés) pour les véhicules particuliers, véhicules utilitaires et les deux roues motorisées et tous les jours de la semaine de 8h à 20h pour les poids lourds, les cars et les bus. Les restrictions concernent les véhicules classés Crit’Air les plus polluants. Des dérogations permanentes sont prévues pour certains usages et publics spécifiques, notamment les véhicules d’urgence, les personnes en situation de handicap ou certaines activités professionnelles. Par ailleurs, 24 jours de dérogation individuelle par an sont accordés à l’ensemble des usagers, permettant de circuler ponctuellement dans la ZFE. Ces dispositifs sont complétés par des aides financières destinées à accompagner les ménages et les professionnels dans leur transition, mais qui nécessitent d’être renforcées pour les populations les plus précaires qui sont aussi celles qui sont les plus vulnérables à la pollution de l’air.”
Extrait du communiqué de presse d’AirParif du 27 janvier 2026





