Atlas de la biodiversité communale : peut mieux faire !

La France possède un trésor à protéger, son patrimoine naturel. Et il y a urgence. En effet, seulement un quart des espèces du territoire sont aujourd’hui dans un état satisfaisant de conservation. Préserver et restaurer la diversité biologique nationale devient un des objectifs majeurs pour notre santé.

La biodiversité est à la base de tous nos besoins et de notre santé. C’est la nature qui nous permet de vivre à travers la photosynthèse, la pollinisation, la filtration et la purification de l’eau, l’absorption des chocs climatiques ou encore la simple beauté des paysages. Pour stopper et inverser l’érosion du vivant, le Gouvernement a élaboré sa Stratégie nationale de biodiversité (SNB) à l’horizon 2030 dont les mesures s’inspirent des préconisations de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (Ipbes).

Pour mobiliser tous les acteurs, l’axe 3 de la SNB présente la mesure 30 qui invite à renforcer les outils pour accompagner les collectivités territoriales et particulièrement l’action 2 qui recommande de mieux connaitre la biodiversité à travers les Atlas de la biodiversité communale (ABC). Cette démarche est également préconisée dans le Plan de Nature en Ville qui répond au défi d’habitabilité des villes pour les humains comme les non humains.

Un Atlas de la biodiversité communale (ABC) est une démarche, non obligatoire, qui permet à une commune, ou une structure intercommunale, de mieux connaître la biodiversité sur son territoire en recueillant des données d’observation d’espèces et d’habitats, en cartographiant les enjeux de biodiversité (trames vertes) et en définissant un plan d’actions pour intégrer la protection et la préservation de la biodiversité dans les documents d’urbanisme. L’ABC est un outil volontaire de diagnostic territorial qui, pendant 36 à 48 mois, associe élus, citoyens, associations et entreprises pour élaborer un recueil d’actions destinées à l’adaptation des villes et des espèces aux impacts du changement climatique. L’Office Français de Biodiversité et le Fonds vert soutiennent financièrement les projets.

Dans le département des Hauts-de-Seine, seulement 4 communes sur 36 ont déjà réalisé leur ABC. Mais si Sèvres, Colombes et Sceaux ont bien dressé leur inventaire faune et flore, seule la ville de Suresnes a été au bout du processus en élaborant son cahier d’actions. Il est vrai que c’est un exercice complexe à mettre en œuvre et son succès repose sur la désignation d’une gouvernance mobilisatrice et la pertinence de la répartition des rôles entre les différents partenaires du projet : coordination, inventaires, communication, rédaction du plan d’actions, etc.

L’ABC ne remplace pas un état initial de l’environnement (EIE) qui figure dans le rapport de présentation du plan local d’urbanisme (PLU) ou dans le diagnostic territorial d’un schéma de cohérence territoriale (SCoT). En revanche, il enrichi logiquement le volet « biodiversité » de cet EIE mais pas tous ses volets (énergie, air, risques…). L’ABC contribue ainsi à placer les espaces non bâtis au cœur de la démarche de planification urbaine en identifiant et en hiérarchisant des « zones à enjeux » pour la biodiversité. Les priorités de l’ABC peuvent être traduites dans le projet d’aménagement stratégique (PAS) d’un SCoT ou le projet d’aménagement et développement durables (PADD) d’un PLU. D’où l’importance d’aller au bout de la démarche.

Didier Valon

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