Échangeur de la Manufacture : le point noir de Sèvres

Les travaux de l’aménagement de l’échangeur de la Manufacture à Sèvres ont enfin débuté. Ce serpent
de mer a mis quinze ans à faire surface
.

Première phase des travaux sur l’échangeur de la Manufacture : la démolition du viaduc de la bretelle de sortie de la N 118. La durée de ce chantier est de sept mois mais l’opération dans son ensemble durera quatre ans.

Les premières réflexions ont été initiées en 2009 par le Conseil général des Hauts-de-Seine. Elles débouchèrent, en 2011, sur une étude de faisabilité répondant à trois objectifs : la simplification des échanges, la sécurité de tous les usagers et la mise en valeur du patrimoine. Des adaptations sont présentées lors de la concertation en 2013 pour un lancement des travaux programmé à partir de 2018. Le projet est piloté conjointement par la ville de Sèvres et le Département des Hauts-de-Seine, qui en assure la maîtrise d’ouvrage. Le coût des travaux est estimé à 43,6 M€ et la Région Île-de-France subventionne le projet à hauteur de 10,5 M€ au titre du plan « Route de Demain ».

Mais, les travaux d’aménagement de la RD1, la construction de la gare du Pont de Sèvres de la ligne M15 et la réfection du Pont de Sèvres conduisent à décaler le lancement et une seconde enquête publique est réalisée en octobre 2023. Enfin, des travaux préparatoires sont lancés en 2025, et le chantier démarre effectivement en janvier 2026 pour durer jusqu’en 2030. Il aura fallu attendre quinze ans et trouver maintenant plus de 60 millions d’euros.

Conséquence aujourd’hui, le serpent de mer est devenu « plat de nouille », tels les labyrinthes des journaux jeunesse. Environ 280 000 véhicules quotidiens sont obligés de trouver des détours contraignants avec le chantier de démolition. Cherchant à contourner les fermetures de voies que même le GPS n’arrive pas à représenter. Perdant des écarts de temps variant d’une demi-heure à une heure.

Certes cet aménagement était nécessaire : manque de lisibilité, entrecroisements dangereux, inaccessibilité des personnes à mobilité réduite (PMR) et difficultés de traversée pour les cyclistes. Et si le projet réalise ses objectifs, il reste en revanche d’autres interrogations comme le risque d’inondation, la qualité de l’air (aujourd’hui largement dépassée) ainsi que la situation acoustique bien supérieure à la réglementation en vigueur.

Didier Valon

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