Les étangs défigurés

Longtemps préservés, les étangs de Corot classés depuis 1936 pour leur environnement remarquable ont vécu
ces derniers mois une véritable défiguration et une atteinte notoire de leur patrimoine environnemental, pittoresque, historique sans pour autant assurer la sécurité des riverains.

 L’étang neuf, après avoir été longtemps à sec ressemble aujourd’hui à un marécage envahi par des milliers de plantes invasives.


L’étang neuf, après avoir été longtemps à sec ressemble aujourd’hui à un marécage envahi par des milliers de plantes invasives.

Au prétexte d’une crue tricentenale, les étangs de Corot ont vu leur paysage détruit par le projet de construction de deux déversoirs (amont et aval) entraînant l’abattage de 32 arbres sur le site. Le projet de construction du second déversoir, prévu sur la digue de l’étang neuf qui a vu l’abattage, il y a tout juste un an, de 9 des 14 tilleuls symboliques de l’œuvre de Corot, a été stoppé en mai 2021 pour faute d’autorisation de construction de la part du Centre des Monuments Nationaux auprès de Gécina, propriétaire du Domaine de la Ronce jouxtant le site et sur lequel cet ouvrage doit se déverser, et pour absence d’étude d’impact aval obligatoire pour tous travaux de cette ampleur (12 millions). S’en est suivie en juin 2021 une injonction d’expropriation du Centre des Monuments Nationaux contre Gécina qui laisse désormais ce site classé abandonné et affecté d’une trouée béante de 26 mètres de large prévue pour laisser place à un second déversoir.

L’étang neuf, après avoir été longtemps à sec, ressemble aujourd’hui à un marécage envahi par des milliers de plantes invasives, donnant à ce lieu jadis exceptionnel un paysage de désolation, entraînant à très court terme un dépérissement des arbres plantés sur les rives et un bouleversement de la biodiversité (oiseaux, amphibiens…) pour lequel nous n’avons constaté aucune réflexion écologique.

Les étangs de Corot sont alimentés par la pluie et les rigoles des bassins versants et alimentent les fontaines du Domaine de Saint Cloud. L’injonction d’expropriation du CMN, compte tenu de l’absence de réalisation du déversoir sur le barrage aval, empêche aujourd’hui le remplissage maximal de l’étang neuf, d’où l’ouverture régulière des vannes de contrôle. Les conséquences de cette situation pour les nouveaux écosystèmes qui s’installent durablement du fait de l’arrêt des travaux pourraient s’avérer dramatiques, ceux existants étant déjà largement affectés.

Une mobilisation, soutenue par Stéphane Bern, et une pétition nationale avaient soumis des solutions alternatives proposées par une équipe d’ ingénieurs hydrauliques. Ces solutions permettaient d’assurer la sécurité des habitants et de préserver ce site remarquable. Elles démontraient également que la création de ces déversoirs allait créer des inondations bien plus probables que la crue tricentenale
(1 risque/300 ans), la capacité de stockage de l’eau des étangs ayant été réduite et les réceptacles aval (un ru et un aqueduc datant de Louis XIV permettant d’alimenter les bassins du Domaine de Saint Cloud) ne pouvant recevoir tout le trop-plein.

Ces ingénieurs avaient été reçu le 8 janvier 2021 par les protagonistes de ce chantier, mais l’étude de leurs solutions a été écartée au motif… que cela retarderait le chantier !

Aujourd’hui, ce chantier inutile est stoppé… jusqu’à quand ?

Hélène Seychal

Représentante du collectif pour la préservation du site des Etangs de Corot

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